Responsive image
 

Bulletin SAF 1914


Télécharger le bulletin 1914

Liste des juridictions exercées au XVIIè et aun XVIIIè siècles dans le ressort du présidial de Quimper (suite : Sénéchaussées de Gourin et de Lesneven)

H. Bourde de la Rogerie

Avertissement : ce texte provient d'une reconnaissance optique de caractères (OCR). Il n'y a pas de mise en page et les erreurs de reconnaissance sont fréquentes

Société Archéologique du Finistère - SAF 1914 tome 41 - Pages 7 à 35

DES

e Siec es.

url lC lODS exercees . au
C e au

DANS LE RESSORT

du PRÉSIDIAL DE UI PER ·

(Suite) ('1)

.. ' SENECHAUSSEE DE GOURIN

. 81. .. - . Gourin. Cour Royale. Cette petite sénéchaus-

sée ne comprenait que Gourin et ses trêves de Roudouallec

et du Saint, Leuhan, Guiscriff et sa trêve de Lanvénégen, le

Faouët, Langonnet et sa trêve de la Trinité. Tout ce territoire '

a été attribué au département du Morbihan, sauf la comrnune
de Leuhan qui appartient au département du Finistère.
Le siège de Gourin avait été supprimé par l'édit du 29 mars

HS64: et réuni à celui de Carhaix, mais à Gourin comme en
plusieurs autres sénéchaussées, les ordres du Roi ne furent
_ pas longtemps respectés :.Ia sénéchaussée de Goul'În subsista.

Le~ charges fur'ent parfois acquises par les magistrats de juri-
dictions voisines: pendant la plus grande partie des xvn

xvm

siècles les mêmes ' personnages furent en même temps
(1) Voir t. XXXVII, p. 248-29i, et XXXVIII, p. 253-280.

baillis et lieutenants de Châteauneuf et de Gourin (1). Les offi-
ces étaient si peu lucratifs qu'en 1766, cinq charges de procu­
reur sur huit. étaient vacantes; il n'y avait que trois huissiers
et un sergent: le produit du greffe était cependant beaucoup
plus élevé que dans les juridictions seigneuriales réputées très
importantes. De 17::>6 à 1774 il fut affermé 1200 livres (2).
Le tome 1 de l'Inventaire sommaire des archives du Morbihan
(p. 23::>-27::» renferme l'analyse des papiers de la sénéchaussée '

(articles B. 2171 à 2404). Depuis la publication de ce volume,
en 1877, de nombreux documents provenant du greffe de Gou­
rin ont été réintégrés au dépôt départemental.

On doit remarquer qu'en outre des onze sièges de juridiction
qui vont être énumérés, la juridiction de Quimerc'h, exercée
à Bannalec, dans le ressort de Quimperlé, possédait de nom­
breux justiciables dans le ressort de Gourin, particulièrement

à Guiscriff et à Lanvénégen.
L'auditoire de la Cour royale servait aux juges de Main-

guionet ; les prisons étaient utilisées par les juridictions de
Langonnet, du Faouët et du Saint (3).

82. La Baronnie du Faouët était la première menéante
de Gourin (4). Au XVIIIe siècle, les juges qui siègeaient au bourg
du Faouët; appelaient leur tribunal juridiction du Faouët,

Barrégan, le Saint, Keranbigot, Keranroux, Collober et Guer-
nongar.

83.· Le comté de Gournois possédait une juridiction dont
l'auditoire était en 1716 au bourg de Guiscriff; la plupart des
justiciables habitaient cette paroisse. .
84. Non mentionné dans l'état des justices de 1716, Diar-

(1) R. Delaporte, La sénéchaussée de Clzâteauneuf ... p. i28-i29 .

(2) Archives d'llle-et-Vilaine, C. 5057, 5210. .
(3) Archives d'Ille-et~Vilaine, C. HO.
(4) Sur cette seigneurie existe une intéressapte étude: C··· dU Laz. La
]3ÇlTOfl.fl.te dJ1 FÇl9J.lët) Vannes, 1892, in-S·. .

nélès figure dans l'état de 1766 qui place l'exercice de la ju­
ridiction à Rest-an-Gouasguen, en Langonnet. La liste établie
pour le rachat des charges de juges gruyers ne fait qu'une juri-
diction de Diarnélès, Poulriguen et Leignou. Le manoir de

Diarnélès est au Faouët: le siège avait quelques justiciables
dans deux paroisses voisines . .

85. Kermain. L'état de 1716 porte que la juridiction sié-

geait à Langonnet. Subsista-t-elle plus tard? Il est permis

d'en douter. Cette juridiction ' n'est pas citée une seule fois
dans l'Inventaire sommaire des archives du Morbihan .

86.· L'abbaye de Langonnet est un des monastères bretons
dont l'histoire est la moins connue: les archives ont été pres­
que complètement détruites à l'époque de la Révolution. Le
ressort comprenait des terres assez étendues, mais très éloi­
gnées les unes des autres, à Langonnet, Gourin, le Faouët, Moel­
lou, Plouray, etc. D'après le Dictionnaire de Hretagne d'Ogée,
la haute justice de Langonnet ressortissait à Carhaix et à Gué­
méné : il faut entendre que pour les territoires soumis en pre­
mier ressort à la juridiction de Langonnet, exercée au bourg
de ce nom, mais compris dans les territoires de Carhaix (par
exemple à Tréogan) ou de Guéméné, les appels étaient présen-

tés à ces sièges avant d'être portés au Présidial de Quimper,
pour Carhaix, ou de Vannes, pour Guéméné, et ensuite au
Parlement. En 1789, les habitants demandèrent : « que les
seigneuries (juridictions) des seigneurs soient continuées dans
leurs exercices accoutumés et ordinaires, comme étant moins
coûteuses aux vassaux, tant pour y plaider, qu'à cause des
journées et droits de greffe qui sont infiniment moins forts
que ceux d'une juridiction royale » (1).

86 bis. Le Dictionnaire de Bretagne d'Ogée cite une juri-

(1) Cabier de doléançefl ~1J.X Archives du Morbiban, B. ~403,

, " t 1 . 0 . t 2 ,
diction de Kerstang, en Gourin,à·laquelle auraient été unies
les justices de Coatanguern, de {( Enbougent)) et du Leignou~
Nüus n'avons pas trouvé d'aùtre mention de cette justice et
nous croyons que le Leignouétait uni à Diarnélès (voir n°
84). Ogée était très mal renseigné sur les seigneuries et les jus~
tices de la région de Gourin: il cite pour cette paroisse les
fiefs de Bois de l'Aunay et de Co.at an Guern; les deux no.ms,
l'un 'français~l'autre breto.n désignent le même village .

. . 87. Mengilioilet o.U Min Guionet et plus anciennement

'Mengueffnet était un fief et une très petite j uridictio.n des pa-
roisses' de Go.Urin et de Ro.udo.uallec (1 ) ; des actes jo.ignent à
son no.m ceux des seigneuries de Kermartret et de la Roche. Les

juges siégeaient à Go.urin dans l'audito.ire ro.yal. .
" 88. ' Pennéhoc et Trefuret o.U plus anciennement Pene­
ho.c, Treureut, Treuret, Treezehet (2) so.nt des villages de Guis-'
crift En ' 1766 l'audito.ire se tro.uvait à Lanvénégen. .
" "89. Le prieuré de Pontbriant fondé entre 1088 et Ji 14
dans la paroisse de GUiSC1'ifI (aujo.urd'hui co.mmune du Saint)
par Tanguy,' Vicomte de Go.urin, dépendait de l'abbaye de
Sainte-'Cro.ix de Quimperlé, mais de même qu'à Lo.cronan et
à Callac, la juridictio.n était aux XVIIe et XVIIIe siècles sans au­
CUn lien avec celle de l'abbaye. La justice était rendue ali vil-

1age de Po.ntbriant.· , . '

90~ Pontenigen, appelé parfois Po.lilerigen o.U Pouliri-

guin, n'est 'pas no.mmé dans les états de 1716 et 17()6, mais ce
siège est mentio.nné dans l'Inventaire sommàii'e des archives

du Mo.rbihan (B. 2.366) ; il fut peut-être uni à Diarnélès

ainsi que [e Leignou (cf. no 83).

91. ' Le Saint et Keranroux. Ce siège était exer-

cé au Saint; c'est dans cette ancienne trêve. aujo.urd'hui

commune, que se trouvaient la plupart des justiciables.

(i) Archives de Loire-Inférieure, B. 1427, i439.
(2) Archives de Loire-Inférieure, B. i430.

Juridiction resso'l'tissant' nuement ,au' Piu'Zerrient

. 92.-La juridiction de la commanderiedu 'Pala'cretétaitexer:.

cêe à Saint-Jean du Faouët, ~le ressort se 'kouvaitdans les pa-

roisses de Gourin, le Saint, Langonnet, le Faouët; Guiscriff et
Lanvénégen. .

, SENECHAUSSEE DE LESNEVEN

92. _. Lesneven. Cour royale. Capitale administra~

tive et judiciaire du Léon, siège d'Ut) des baillages existant

en ,Bretagne au Moyen-âge, Lesneven fut longtemps la juridic-

tion d'appel de la cout' de Saint·R~nan. Nous aVons dit (no 2)

comment le siège de Saint-Renan supprimé p.n '1;:5615 surv~cut

cependant et fut transféré à Brest en '168L (LJ. Lèjuge royal
établi à Saint-Pol de Léon en 11564 n'exista pas longtemps;
c'est une erreur d'un ' ouvrage qui est cependant des plus
utiles pour l'étude de l'ancienne organisation administrative
de la France d'avoir cité un baillage ou une juridiction royale
à Saint-Pol en 1788 (2). '.'

Le ressort de la sénéchaussée était: en apparence .très vaste,
mais il était en fait très diminué par la juridiction de la prin-

cipallté de Léon et par les regllaires de l'Evêqùe. Les agglo"
mérations les plus importantes: LandMneau, Saint-Pol et le

, Minihy, Roscoff, ainsi qu'une très grande partie du territoire
des paroisses rurales échappaient à l'autorité des juges royaux.

Lesneven était' tout entier compris dans le ressort de la

cour, sauf quinze ou vingt maisons revendiquées par la juri-
diction de Lescoet le Châtel. A la cour royale appartenaient
également les petites paroisses' de Beuzit-Conogan' et ' de '

BrouennoLl, celle de Plounéour-Trez, moins deux ou trois

. (i) Des arl'êts du Parlement dessaisissant la Cour de Brest de la con-
naissance de certaines affaires et l'attribuant aux cours de Carhaix et de

Lesneven n 'impliquent aucune subordination judiciail'e (archives du Finis-

tère, B. 2H3). '

(2) Brette. Etat général. desbaillage$, en 1789 dans Bulletin de la Commis-
'SiOù de l'echel'c1le ... de la Révolution, année !907, p-. i2. ". ."

convenants qui dépendaient de Carman, et des parties plus
ou moins considérables de Bréventec, Cléder, Commana, Goul­
ven, Guiclan, Guicquelleau, Guimilliau, Guisseny et sa trêve
de Saint-Frégant, Kerlouan et sa trêve de Lanarvily,
Kernouès, Kersaint-Plabennec, Landéda, Languengar, Lan-

houarneau, Lannilis, Locquénolé, Plabennec, Pleyber-Christ,
Ploudaniel; Ploudiry et ses six trêves de la Martyre, Loc­
Eguiner, Pencran, Pont-Christ, la Roche-Morice et Saint-

Julien de Landerneau, . Plouénan, Plouescat, Plougar et
sa trêve de Bodilis, Plougoulm, Plougourvest et sa trêve
deLandivisiau,Plouguerneau, Plouguin, Plouider, Plounéour-

Menez, Plounéventer et sa trêve de Saint-Servais, Plounévez-
Lochrist, Plouvien, plouvqrn, Plouzévédé, Saint-Martin-des- 0
Champs y compris le faubourg de la Villeneuve de Morlaix,
Saint-Thégonnec, Saint-Vougay, Si~iril, Sizun, Taulé et ses ,
trêves de Carantec et d'Henvic, Treflaouénan, Tréflez, Tréga­
rantec, Treglonou, Trémenech, Trézelidé. Sauf Locquénolé

qui était une enclave de Dol, toutes ces paroisses apparte-

naient à l'évêché de Léon, mais la sénéchaussée compr~riait en
outre en Cornouaille la grande paroisse de Plouyé; cette enclave
judiciaire etait probablement un souvenir des fiefs que les
premiers seigneurs de Léon avaient possédés dans le Poher.

En 1664 les greffes étaient engagés pour 36.000 livres; les
engagistes les affermaient 3.600 livres

D'après le conseiller Colbert il n'existait dans la sénéchaus-
sée que deux degres de juridiction; cette assertion, comme
beaucoup d'autres du célèbre enquêteur, est erronée. Leslem

ressortissait à Landerneau, Coetangars à Maillé, Kersauson'

et LesquifIiou à Daoudour Coetmeur ; les vassaux de ces sei-
gneuries devaient donc passer devant deux tribunaux avant
d'a'niver à celui de Lesneven. Beaucoup d'autres léonards au­
raient été assujettis à un pareil nombre d'appels, si le Léon,
comme les autres régions ~retonnes, .avait été soumis à la
méthodique hiérarchie féodale exposée par les jurisconsultes

théoriciens de l'ancien régime. En fait, l'organisation etait
loin d'être aussi savante et rigoureuse. La seigneurie de Pen­
hoat relevait de PenSèz et les m .agistrats de Pensez exerçaient
la juridiction de Penhoat pendant le rachat; cependant les
appels de Penhoat n'allaient pas à Pensez; ils étaient portés di­
rectement à Lesneven. Nous avons cité (n° 4) une déroga­
tion analogue à la hiérarchie féodale dont bénéficiaient les vas-

saux du ChateL "

L'auditoire royal servait aussi en ' 1769 aux juges ' des re-

guaires de Léon à Quiminidilly, de Lescoet le Chatel, de Coat-
menech, de Penmarch et de 'Coatmeur. Les prisons étaient uti­
lisées par vingt-trois juridictions seigneuriales; Landerneau,
Landivisiau et Saint:·Pol étaient les seuls sièges qui possé-

daient des geôles particulières. Les magistrats de Penhoat, de
Pensez et du Relec envoyaient une partie de leurs prisonniers

à Morlaix (1). ," .
Les archives de la sénéchaussée comprennent environ 270

registres et 300 liasses (2) ; elles forment un des 'Ionds judf-

ciaires les plus importants des archives du Finistère.

93. Principauté de Léon. Il a été déjà parlé (no 3 :
Coetméal) des juridictions établies dans les anciens domaines

des vicomtes de Léon et nous y reviendrons encore à propos des
sièges de Landivisiau et de Daoulas. La sentence rendue en
1696 par les commissaires établis pour la réformation du
domaine attribue à la principauté , une étendue de neuf
lieues bretonnes de long sur sept de large, mais la princi­
pauté ne formait pas un territoire continu : beaucoup de
terres comprises entre Landerneau Coetméal et Daoulas

relevaient du Roi (3). Le ressort du siège de Landerneau

(i) Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 1.12, 123.
(2) :M. l'archiviste Luzel a publié un état sommaire des liasses dans le
Rapport présenté aUPl'éfet en i889 (p. -167-01.69).
(3) On trouve dans l'Inventaire sommaire des archives de Loire-Inférieure '
(B. HI75 il i781) les noms d'un g'rand nombre de fiefs et de terres de la sé­
néchaussée de Lesneven qui rendaient aveu au Roi.

corn 'prenait toute èette ville et s'étendait dans .les paroIsses

. du Drénec; la Forêt et Saint-Divy, Guipavas, Kersaint-

Plabennec, Lanneufret, Loc-Brévalaire, Plabennec, Plouda-

niel ' et ses trêves de Saint-Méen, Saint-Eloi et Tréma­
ou. ézan, Ploudiry et ses six trêves, Plouédern, Plouvien et. le
Bourg-Blanc, Plougar et Bodilis, Plounéventer et Saint·,Ser­
vais, Saint, Thonan, Sizun et Locmélar, Tréhou et Trélevenez:
Aux xvueet XVIIIe siècles l'auditoire seigneurial était à Lan-

,derneau, mais on trouve des actes plus anciens « passés par
la cour de la Roche, Moriee » (1) .' Ce château fut habité par
u'ne branche de la maison de Léon au moLns jusqu'au milieu
du XIVe siècle (2 ). Il est 'impossible de connaîti'e l'histoire des
premiers siècles de celte juridiction car' la Révolution qui a
épargné tant de liasses de titres de familles anciennes mais
obscures a été néfaste aux archives de la : maison' de Roha n.
Tout ce qui se trouvait au château de Blain a été brûlé (3);
aux archives du Fini, stère 'on ne trouve que deux ou trois
liasses concernant la Principauté. L'induction des titres pro"
duits lors de .la Réformation du domaine qui énumère plu­
$ieurs centaines d'actes permet d'apprécier, combien.est re, gret­
table la destruction ' des titres de la plus illustre famille bre-
tonne.

. Les papiers judiciaires qui se trouvaient au grefte cie Lan-

derneau ont été épa.rgnés ; Ils forment à Quimper un fonds

plus considérable que cel ui d'a ucU ne au tre juridiction sèigneu-

riale du pays; on y trouve environ 270 registres remontant ~
1630 et 200 liasses. Ces doc.UI:nents prouvent que jusqu'à la fin

du xvm

siècle, les Rohan, pripces de Léon, réussirent à con-

servel' des droits q~i, 'dans tous les autre~ _ fiefs du pays,

(1) Par exemple l'acte de tutelle de Hervé de Sénéchal du 1.9 juin 1533
(archives du Finistère, série E, ' fonds Kerouartz). ,
(2) A. Ramé « La bible des sires .de Léon)) dans Mélanges d'Histoire et
d'Archéologie Bretonne, Rennes et Paris, t855, in-S', t. l, p. 241.-243.
. (3) Sauf quelques titres qui ont été donnés par Bizeul à la Biblio­
thèque de la ville de Nantes. ' . , . '. ..

ft 1 ~ , '
tJ 'L_' ..
avaient été repris ou conquis par le Roi: droits' d'amirauté;
droits de gruerie, droits de pêche, etc. La principauJé et la cha­
tellenie de Daoulas avaient des usances particulières qui furent
transcrites à la suite de la coutume de la province réformée en
H580 '; le pririce de Léon présidait l'ordre de la nobles~e aux
Etats de Bretagne alternativement avec le baron de Vitré -

Notons toutefois que ce titre de principauté attribué depuis la
fin du XVIe siècle à la seigneurie de Léon fut vigoureusement
contesté par les commissaires de la réformation du ,domaine.

Le siège de Léon était sans contestation. le premier me-

néant de la sénéchaussée de Lesneven, mais il ne jouissait pas
du privilège de ressortir nuement au Parleme'nt, privilège que
détenaieiît'beaucoup de cours moins importantes. Il est singu:'
lier que cette vaste seigneurie n' e possédât pas d'autre juridic-

tion ressortissante CJue celle de Leslern (voir n098), une des
plus infimes du pa' ys. Des fiefs assez cOnsidérables, comme la
Pallùe, les Granges; Kerézellec lJ'avaient pas ou 'n'exerçaient
pas le droit de justice. Aux plaids généraux de Landerneau
on appelait un, voyer: le s'eigneur de Kerlorec, cinq pî'évots ::
les seigneu rs du' Lec'h, du Pontou, de Coetlestrémeur, de Si­
zun (qui était l'abbé de Daoulas) et de Plouvien, plus les ser­
gents (t4 en 1630, 7 en 1750), les notaires (24 en -1630, 2t en

1750), les procureurs ('13 en '1630 cOli1me en 1750). On con-
voquait aussi le seigneur de Leslem et, de temps à autre, ce..:
lui de Penhoat, pour ce qui dans sa juridiction ressortissàÏt~·
Landerneau, mais c' e seigneur du Penhoat faisait toujours dé-

fa ut.' , '

, Quelques documents de la fin du XVIIIe siècle donnent à Daou~
las la qualité de premier menéant de Landerneau. Il n"exis­
tait cependant aucun rapport judiciaire entre les deux ressorts,

absolument distincts et situés dans des sénéchaussées difIé-

rentes; les juges de Daoulas voulaien,t sans doute en établis-
sant une confusion entre les deux juridictions consolider leur

prétention à percevoir les" Grands Droits", c'est-à-dire des

droits aussÎ élevés que dans les sénéchaussées royales, et sù­
périeurs d'un tiers à ceux qui étaient attribués aux juges des

sièges seigneuriaux. Les juridictions des duchés-pairies, des
reguaires et celles qui ressortissaient nuement au Parlement
étaient seules fondées à percevoir les grands droits ;,plusieurs
autres sièges usurpèrent ce privilège. En 1786, bien tardive­
ment par conséquent, les Etats de Bretagne entreprirent de
réformer cet abus. Il , ressort de l'enquête faite par M. de Bo-

therel, procureur général syndic, que dans le territoire soumis
au Présidial de Quimper, les grands droits étaient perçus par
les juges de vingt cours seigneuriales: les reguaires de Léon
àGouesnou, le Chatel à Brest, Rostrenen, Corlay, Palacret,

Câllac, Saint-Jean du Faouët, Landerneau, Landivisiau, les

reguaires de Quimper, Daoulas, Crozon, Pont-Croix, Pont-
l'Abbé, Lescoulouarn, Le Relec,Penlan-Begar, La Feuillée (1).
Si la Révolution n'était pas venue supprimer la perception
des droits au profit des magistrats seigneuriaux mais non
pas, hélas! les frais qu'entraînent les procès ,il est vrai­
semblable que la moitié au moins des cours que nous venons
de citer auraient été invitées à se conformer à l'usage com­
mun des juridictions seigneuriales.
Le dernier sénéchal de Landernea.u paya sa charge en 1757,
28.000 livres, prix aussi élevé que celui des charges des cours
'royales. Le remboursement de cette somme donna lieu à un
curieux procès qui n'était pas terminé en 1805 (2).
94. Carman et plus anciennement Kermavan, de\)-
xième menéant de Lesneven, ét.ait une vieille seigneurie de
la paroisse de Kernilis qui fut érigée en marquisat par lettres

(1) Archives d'llle-et-Vilaine, C. 3894. Un état sommaire des liasses de la
juridiction de Landerneau se trouve dans le Rapport de l'archi'iriste du Fi-
nistère de i8S5, p. i64-165.
(2) Procès des héritiers Maingant contre Don Gutierez de Los Rios
Fernandès de COl'dova, comte Fernan Nunez, un des héritiers de 1.­
M.-B.-D. de Rohan-Chabot, dernier prince de Léon, dans Juris­
,prudence de la Cour d'appel de Rennes, R~nnes, t80S, in-4°, t. l, p. 358-377. .

patentes du mois d'août 1612 octroyées à Charles de Maillé, fils

de dame Claude de Kermavan. Carman fut vendu en 1778 aux
Rohan Guémené qui l'unirent à la baronnie du Chatel. Nous
avons vu (no 5) que ces terres furent acquises par le Roi en
f786 ('1). La juridiction exercée à Kernilis puis à Plouguer­
neaU' et à Lannilis, s'étendait dans les paroisses de Kernilis,
Kerlouan, Guissény, Landéda, Lannilis, Plouguerneau, Plou­
vien, Plouider, Plounéour-Trez, Loc-Brévalaire .

95. Maillé, troisième menéant, était l'ancien neseigneu­
rie de Seixploué qui fut érigée en comté au mois d'août
1612 en faveur de Charles de Maillé, nommé ci-dèssus (2).
D'après Charles Colbert, cette érection et cette commutation
de nom furent accordées pour que C. de Maillé se désistat du
retrait lignager qu'il voulait exercer sur la terre de Maillé en"
Touraine érigée en duché de Luynes, mais cette histoire est
une erreur de Colbert: le duché pairie de Luynes fut créé au
mois d'août 1619. Seixploué s'étendait comme ce mot breton

l'indique, en six paroisses; les lettres patentes de 1612 ayant
uni à cette seigneurie celles de la Marche et de la Forest~ le
ressort de la juridiction de Maillé fut 'compris dans sept ou
huit paroisses: Lanhouarneau, Plounévez-Lochrist, Saint-Vou­
gay, Plougar, Pouzévédé, Sibiril, Plounéventer et peut-être
Sizun. Les charges judiciaires étaient de · prix minime: le
23 août 1657, Gabriel de Mesnoalet, seigneur de Keruzaval,
vendit pour '180 livres son office de . bailli de Maillé à Hervé
Keroullé, seigneur du Rondour (3). L'auditoire était au bourg
de Lanhouarneau. Les appels de Coetangars étaient portés à
Maillé.

(1) A l'chives du Finistère, série AT fonds du Chatel.
(2) Les lettres patentes érigeant le marquisat de Carman et le com­
té de M.aillé sont conservées aux archives du Morbihan (série El. Elles
ont été analysées dans l'ouvrage suivant: La maison de Jfaillé par A.
Ledru, et L.-J. Denis, Paris, 1905, in-So, t. III, p. 202-203. Au XVIIe siècle les
Maillé prenaient lé titre de premier baron ou pl'emier banneret et protec-

teur de l'E,'êché de Léon (La maison de Maillé, t. r. p. 280 et suivantes) . .
(3) Archi ves du .Finjstè~·e., série E, ronds. Keroual'tz. ... .,
BUI.LETIN DE LA SOCIÉTÉ ARCHÉO. TOME XLI (Mémoires 2).

96. Kerouzéré-Tuongoff, 4

inenéant, fut parfois

uni à d'autrès j uridictiofls ; au commencemen t du XVIIe siè-
cle, ce siège portait le nom de Tuongoff-Lescouet-Menfaouet-

Menmeur (1). Le beau château de Kerouzéré est un imposant
monument de l'importance ancienne de Ia·seigneurie. En '1435

1459 et 1462, Jehan de Kerouzéré~ premier échanson deJean V,
et Yvon de Kerouzéré, chambellan de François II, -obtinrent
la création de foires dans leurs terres de Kerouzéré et de
plesidy; les lettres patentes du 18 juin 1462 spécifient qu'aux
foires tenues près de la chapelle Saint-Maudet (Sibiril), les
levriers et chiens courants « propices a chace etesbatement »,
élevés par les habitants du .pays pourront être vendus sans
qu'il fut perçu aucun droit (2). Kerouzéré (Sibiril) formait à 1'0-

rigine une seigneurie distincte de Tuongoff ou Trogoff (Ploues~
cat) et relevait, semble-t-il, de Seizploué ou Maillé ;.au XVIIIe siè~
cIe il existait encore deux groupes de patibulaires. Ceux de
Kerouzéré, à deux pots, reçurent (( un pot de croissance» par

lettres patentes du duc François 1

du 28 août 1445. Pierre II
autorisa Jean de Kerouzéré, le 1

décembre 1453, à augmenter
son château d'une tour de 24 pieds de large en dedans défen-

due par des créneaux, des douves et une faussse braie .(3)~

En 1720 les terres de Kerouzéré, Menfaoutou-TuoOgoff furent
vendues 210.000 livres; le greffe était loué 3UO livres, moins
cher que le moulin (400 livres) et que les droits de coutume
(430 livres) (4). La terre fut plusieurs fois revendue au cours

. (i) Mandement de bailli pour Jean Le Nobletz, du 23 novembre :l.6iD, aux
archives du Finistère, série E, fonds Barbier de Lescoet. .
(2) Archives d'llle-et-Vilaine, liasse 53 du fonds de la Bourdonnaye­
Montluc.
(3) Arehives d'llle·et-Vilaine, liasse 209 du fonds Piré, série E.
(4) Charles Colbert attribue à la seigneurie de Kerouzéré un revenu
de i2 à 13.000 livres. D'après une notice rédigée en vue de la vente
de i720 (arch. d'Ille-et-Vilaine, même liasse), la charge de sénéchal était
vendue 6.000 livres: il existait 25 offices de notaires .. , On trouve une
description curieuse et peu cop.nue du château de Kerouzéré en i H3
dans un fragment des mémoires de A.-H. de Brèhant publié dans la Généa~
logie de la maison de Bréhant, Paris, :1S67, in-S·, p. 22-24.

"'9 " - '1 1"

du XVIIe sïècle ; elle conservait le titre de baronnie qui lui avait
été accordé par lettres patentes du mois de mai 1Q98 confir­
mées en 1614. A la fin du XVIIIe siècle Kerouzéré-Tuongoff, com­
me beaucoup d'autres grandes terres de Basse-Bretagne fut ac­
quis par des armateurs malouins. On voit encore à la mairie de
Plouescat une plaque de cuivre rouge ornée des armes du sei-

gneur, l'armateur Eon de Villebague, qui porte le tarif des
droits que le seigneur percevait sur les denrées vendues au
marché (1). Kerouzéré ayant appartenU pendant quelque
temps aux Boiséon, la juridiction fut parfois appelée juridic­
tion de Boiséon, mais le siège de I\eroüzéré-Tuongoff alias

Boiséon était absolument distinct de Boiséon en . Lanmeur,
aussi bien que de Trogoff, en Plouégat-Moysan. Le ressort
s'étendait en Plouescat,Sibiril, Cléder. Plouzévédé, Plougar.
Treflaouénan, Saint-Vougay. L'auditoire était au bourg de
Plouescat, aussi le siège fut-il parfois appelé juridIction de
Plouescat.

97.. Coetangars, exercé à Berven (Plouzévédé), ressor-
tissait à .Maillé ; les justiciables qui . habitaient Plouzévédé,
Plounévez-Lochrist, Lanhouarneau et Saint-Vougay, étaient
bien peu nombreux car le greffe était loué 30 livres seulement
au XVIIIe siècle, treize fois moins que le moulin (2).
98. Leslem (en Plounéventer) moyenne et basse justice,
était un siège si peu important qu'il a été oublié par l'auteur
du rapport de 1716. La juridiction était exercée au bourg de
Sain t-Servais ; le ressort s'étendait dans celte trêve de Plou­
néventer. Les appels étaient portés à la juridiction de Léon à
Landerneau.

(i) Flagelle. Tarifs des droits ... et V. de Montifault. Notice SUl" la sei-
gneurie de Trogot1 dans le Bulletin de la Société' A rchéologique du Finistère
t. II (anné~s 1874-1875) p. W-U et 88-93. - Archives de Loire-Infél'Ïeure, B.

1723-1724.
(2) Papiers de la famille Alain de la Mare; aux archi ves du Finistère
(fonds Desnos-Allain) et d'IlIe~et-Vilaine (fonds de la Bourctonnaye-:Mont.
lue). .

99. Penmarc'h. Le 14 décembre 1498, la reine Anne

conféra la qualité de banneret de Bretagne à Alain de Pen-
marc'h, qui avait rempli les fonctions de chambellan près du
dernier duc de Bretagne et ensuitA près d'elle-mAme ; la reine

confirmait aux Penmarc'h le droit de haute justice avec pati-
bulaires à 4 pots. Les lettres patentes furent lues à la cour
de Lesneven le 28 février 149~ (N S) ; le vicomte de Rohan,
seigneur de Léori, donna le 9 juillet son consentement à leur
exécution. La qualité de banneret et de haut justicier fut plu­
~ieurs fois confirmée, notamment au mois de mars 1602 par
Henri IV qui transféra de Goulven, à Keradennec, en Saint-

Frégant, le lieu de l'exercice de la juridiction avec les four-
ches patibulaires. D'après un aveu de 1682, les généraux
plaids étaient tenus près de la chapelle Saint-Goulven, dans
la paroisse de Goulven, la veille de la foire, et les vassaux

devaient faire le guet la nuit suivante. Les foires de Goulven
étaient un privilège des Penmarc'h confirmé par lettres paten-
tes de François 1

(20 septembre 1544), Henri III (3 novemb~'e

1575 et juillet 1576), Louis XIV (septembre 165'1), ainsi que
les foires et marchés qui se tenaient près de l'église tréviale de

St-Méen en Ploudaniel (lettres patentes d'Henri III, juin 1575).
Au XVIIIe siècle, la juridiction était rendue à Lesneven. Les
fourches patibulaires reçurent une décoration d'un genre très
rare: un gentilhomme, Jehan Marc'hec de Guicquelleau qui
avait blessé mortellement Henri de Penmarc'h, le 12 octo-

bre1523, fut condamné à mort et décollé en 1527. Son effi-
gie en pierre de taille fut placée entre les quatre poteaux
de la haute justice appartenant aux descendants de sa victime.
Une sentence de la sénéchaussée du 15 juin 1648 « main­
tint » Vincent de Penmarc'h dans le privilège de comparaître

. au quatrième rang de la menée des généraux plaids de Les-
neven (1) ; cette sentence « innovait » et elle n'eut pas un

(1) Nous avons trouvé la: plupart de ces renseignements dans une
généalogie mss. de la famille de Penmarc'h dressée par feu M. Hervé du

" 1 21 "
long effet. La qualité " de quatrième menéant é" tait générale-

ment reconnue au siège de Kerouzéré-Tuongoff. Le ressort
s'étendait en Plouguemeau, Guissény, Kemilis, Elestrec et
dans les trêves de ces paroisses, notamment Saint-Frégant

où se trouve le château de Penmarc'h.

100. . Kerjan-Lanven. Le beau château de Kerjean
et le rang élevé tenu par ses possesseurs, les Barbier, les

Coatanscour, les Kersauson ont donné au nom de Kerjan une
certaine notoriété, mais cette seigneurie n'était ni très impor­
tante, ni très ancienne. Le domaine primitif, en Saint-Vougay,
fut accru en 1D33 de la terre de Kerchoent en Plouescat, ven­
due par Jacques de Névet à Hamon Barbier, en 1D63
(27 novembre), de la « pièce)) de La'nven cédée moyennant
8.640 livres, par l'abbaye du Relec à Louis Barbier, et vers la
même époque des fiefs de Kerméan (Saint-Vougay et Treflaoué­
nan ) de Rodalvez, Traongurun etKerbiquet (près de Lesneven).
Toutes ces terres furent érigées en marquisat au mois de juil­
let 1618" La juridiction de Kerc'hoent était exercée en 1D33 ; "'
celle de Kerjan et de Keralleau 'était « discontinuée)) : le
25 juillet lD36, François 1

autorisa Jean Barbier de L:ll1ar­
nuz à « relever)) les patibulaires à trois pots qui dépendaient
de ces deux terres. Quand à Languen ou Lanven, les sei­
gneurs de Kerjan étaient aux droits de l'abbaye du Relec; lors
de la réformation du domaine, les Barbier ne purent produire
de titres justificatifs du droit de haute justice de Kerjean
antérieur à 1D76 mais ils établirent que la juridiction de Lan­
ven était exeréée"au moins depuis 1430 (1) ; une partie des
vassaux de Lanven était assujettie comme ceux du domaine
Penhoat à l'aide des documents conservés au château de Kerézellec (Tré­
flévenez). Ce précieux travail nous a été oblig-eamment communiqué par
le petit-fils de l'auteur, M. Louis de Chabre.

(1) Sentence rendue le 28 septembre 1697 par les commissaires établis
pour la réformation du domaine (archives du Finistère, A. 71.). Sur la
juridiction de Lanven en 1.537, voir ci-après n° i'i7 .

pro.pre duRelec au dro.it de quevaise. Lanven relev, ait du ro.i,
mais une partie de Kerjanétait vassale de Kergournadec'h (1)
et de Maillé. La juridiction, parfois appelée Kerjan­
Keréraultou Kerjean-Coetanscour, était e , xercée à Ber­
ven (2) ; le ressort s'étendait en Saint-Vougay; Plouzévédé,
Plouescat et Lanhouarneau.

101. Coetmeur en Quiminidilly, qu'il ne faut pas con-
fo.ndre avec les sièges peu éloignés de Daoudour-Co.etmeur et
de Lescoet-Coetmeur, était une petite seigneurie rapportant èn
1789 630 livres; la lo.cation du greffe entrait dans cette
somme pour 30 livres. Le chef-lieu du fief était le manoir de

Co.etmeur, alias Creisquéar o.u Penanguéar en Tréflez (3) ; les
juges siégeaient dans une salle basse de l'audito.ire ro.yal de
Lesneven; leur auto.rité s'étendait dans quelques villages de
Tréflez, Plouider et Goulven .

102. Commana alias Bois de la Roéhe était exercé
au bourg de Commana; le ressort était co.mpris dans cette
paro.isse et en Plounéour-Ménez et Sizun. On trouve d'amu­
sants détails s6r la faço.n dont était administrée la justice en
1723 dans une étude de M. l'abbé Favé : Episodes et anecdo-
tes ... (4). .

103. Coetmenech appelé parfois au XVIIIe siècle, la
vico.mté de Plouider-Coetmenech, était une seigneurie des
Barbier de Lesco.et ; la justice était rendue dans une salle de

l'auditoire royale de Lesneven par les mêmes magistrats qui
étaient pourvus des charges de l'autre juridiction des Bar-

(i) Sentence de la cour de Kergournadec'h du 6 juin i 702 concernant le
rachat de Joseph-Sébastien Barbier de Kerjan, mort civilement par arrêt
de bannissement (archives du Finistère, série E, fonds Coatanscour).
(2) Sur la construction de l'auditoire en 165i-1653, voir le rentier de la
chapelle de Berven (archives du Finistère, G. 7~0).
(3) Archives du Finistère; série Q : dossier Fernan Nunez .

(4) Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. XXXVI (t909),
p. 79. Archives de Loire-Inférieure, B. OSi, '

bier : Lescoet le Chatel. Le ressol't se trouvait en Plouider, .

Guissény, Plouguerneau, Kernilis et Kerlouan.

104. Lescoet le Chatel, exercé dans la même salle
que la juridiction précédente, avait ,dans son ressort quelques
maisons de Lesneven et des villages de Plouider, Kernilis,
Guissény, Kernouès, Kerlouan, Elestrec. Le nom primitif de
cette juridiction était simplement Lescouet. L'affixe« Le Cha­
tel)) était un souvenir des anciens propriétaires qui apparte­
naient à l'illustre famille du Chatel. Méance de Lescoet avait

porté sa : terre patrimoniale de Lescoet en dot, en 1360, à Her~

sé du Chatel. Leur arrière-petite~fille Anne du Chatel épousa,

en 1560, Guy de Rieux et fut mère de Marie- Anne et de
Jeanne. Celle-ci épousa René de Boiséon : le partagede la suc­
cession maternelle lui attribua Lescoet « le Chatel » (18 mars

1589). La terre fut vendue le 7' mars 1630 à René Barbier

qui eh prit le nom. Elle cessa dès lors d'être considérée
comme un quatrième « membre» de la seigneurie du Chatel.
L'exercice dela juridiction avait été discontinué et le seigneur
ayant voulu la rétablir, la cour royale de Lesneven rendit des

arrêts défendant d'exercer la « supposée)) juridiction de Les-
coet (5 novembre 1630 et 19 février 163~). La famille Barbier
engagea un difficile procès: le dossier conservé aux archives
du Finistère renferme de's documents nombreux et curieux

sur les formalités à remplir pour faire renaître une juridiction ;
les demandeurs produisirent des titres qui semblaient prou-

'ver que le siège avait été occupé dès le XVIe siècle; ils pré-
sentèrent aussi un registre d'audience de 1627 à 1629.
Leur dtoit de justice ne fut cependant définitivement consacré

que grâce à des lettres patentes octroyées du mois de' juin
1656, à Alain Barbier qui érigeaient Lescoet en châtellenie
avec union de la terre de Kergo (Kernouès) et stipulaient le
rétablissement de la juridiction interrompue gepuis 1630. Les
lettres furent enregistrées au Parlement en 1658, mais lorsqu'en .

1664, Charles Colbert passa à Lesneven, les magistrats royaux
n'avaient pas encore pris leur parti de l'existence de ce siège.
Des mandats de sénéchal ornés de blasons coloriés subsis­
tent dans les papiers de la famille Barbier de Lescoet aux ·
archives du Finistère. Un mandat au nom d'Hervé Roparls
de Kerdaniel est suivi d'une déclaration de celui-ci, du 27 dé-

cembre .1723, portant qu'ayant été nommé sénéchal sans
finance, il reconnaît à M. de Lescoet le droit de le destituer
quand il lui conviendra. Le 27 juin 1738, Sébastien du Ples­
six du Colombier, également nommé sans finance, s'engagea
à supporter les frais des procédures criminelles. Au XVIIe et
au XVIIIe siècles', les juridictions de Lescoet-Coetmeur et de
Lescoet le Chatel n'avaient rien de commun(t).
105. Le Ohatel à Cléder. Il a été parié supra (n° 4)

de la grande seigneurie du Chatel à Brest. Les deux sièges
établis dans le ressort de Lesneven étaient très peu impor­
tants. Il est peu vraisemblable que ces deux terres eussent
fait partie du patrimoine primitif des du Chatel; elles étaient
. probablement entrées dans cette famille par un mariage ou
par un acquêt et, comme Lescoet, elles avaient reçu le nom
de leurs illustres propriétaires. Une décision des commissaires .

établis pour la réduction du nombre des notaires ramena ce
nombre à deux pour Cléder, à trois pour Lannilis et à trois

pour Lescoet (23 mai 1541) (2). Le Chatel à. Cléder était exer-
cé au bourg de ce nom; le ressort s'étendait dans cette pa­
roisse et dans celles dé Sibiril et de Plounévez-Lochrist. Le
greffe était loué 48 livres en 1789.
106. Le Ohatel à Lannilis était moins insignifiant
que le siège précédent car le greffe rapportait 300 livres en
1789, La justice se rendait à Lannilis tous )es mardis. Le

(1) Archives du Finistère. série E, fonds Barbier de Lescoet, liasse 9t.
- Archives de Loire-Inférieure, B. 83. . .
(2) Archives du Finistère, série E, fonds Barbier de Lescoet. . . ' .

ressort s'étendait èn . Lannilis, Plouguet'neau, Tréméneach,
Brouennou, Landéda ; quelques documents ajoutent Plouvien;
Loc-Brévalaire, Guissény. te ressort avait été notablement
accru par un arrêt du Conseil d'Etat de 1686 rendu en faveur

de Louise-Renée de Penancoet de Keroualle, duchesse de
Porsmouth, qui unit la seigneurie de Coetivy à sa juridiction

de Lannilis; mais cette union ne , parait pas avoir subsisté
intégralement (1). .

107. Kersauson était exèrcé en 1716 au village de Ker-
saint-Gilly en Guiclan. Les justiciables habitaient cette
paroisse et celle de Plouvorn. Les appels étaient portés. à

Daoudour-Coetmeur.

108. Pènnanec'h-Rohan est le nom le plus souvent por­
té par cette obscure juridiction, mais on trouve aussi Pennanec'h
et Lannuzouarn, ou Pennanec'h-Brendaouez, ou encore
Pennanec'h-Pontéon du nom du village de la paroisse de

Taulé où se rendait la justice. Le ressort était compris dans
les paroisses de Plouénan et de Taulé.

.109. - Kergournadec'h, exercé au bourg de Cléder
comme le Chatel 'et souvent par les mêmes juges, avait son

ressort en Cléder, Plounévez-Lochrist et Plouzévédé.

110. . Coatquénan, exercé au bourg de Plouguerneau
avait ses justiciables dans cette paroisse et dans celles de
Landéda, Kernilis et PlounéQur-Trez.

111. . Kermellec-Lomenven, exercé à Guiclan et

plus tard à Saint-Pol de Léon, jugeait des habitants de Gui-
. clan qui auraient dû porter leurs appels à Penhoat, puis â

Pensez. .

(1.) Archives Finistère, série A, fonds du Chatel. Archives de Loire-
Inférieure B. 88. Etat sommaire du fonds du Chatel à Lannilis dans le
Rapport de l'archiviste du Finistère de f89i, p. 208. . ,

.'fiL . Pensez ou Pen.zé, en TalJlé, était une seigneurie

assez importante formée d'une subdivision de la châtellenie
de Daoudour. Des lettres patentes octroyées à Louise le
Meneust en 1684 ajoutèrent quelques fiefs de la paroisse de'
Taulé au ressort de la juridiction qui s'étendait en outre sur
des villages de. Henvic, Garantec, Sainf-Martin-des-Champs
eLsur le faubourg de la Villeneuve de Morlaix. Pensez possé­
dait une juridiction vassale et menéante, Penhoat; au XVIIe
siècle le sénéchal était toujours convoqué aux plaids généraux,
mais, toujours aussi, il faisait défaut. En 1702, la cour de

Pensez permit au procureur d'office d'amener ce vassal récal-

ëitrant par main-mise et à ses frais. Plus tard on renonça à
l'appeler. D'après les déclarations faites pour le vingtième en
1751 et 1754 par le comte T. -C, de Morant, seigneur de Pen­
sez, le greffe était loué 330 livres; le revenu de la seigneurie

dans la seule paroisse de Taulé atteignait 4.154 livres en 1751
et 4.843 en 1754, non compris le greffe (1).

112. Penhoat, exercé en 1716 au village de ce nom, en
Saint-Thégonnec, étendait son autorité dans les paroisses de
!aulé, Saint.., Thégonnec, Plouvorn, Guiclan, Plounéour-Menez,

Commana, Plougar. Jean de Penhoat, amiral de Bretagne,

possédait sur la rive droite de la rivière de Morlaix une autre
juridiction dont il sera parlé plus loin. Les appels des juge­
ments rendus à Penhoat auraient dû être portés les uns à
Landerneau, 'les autres à Daoudour' -Coetmeur-Landivisiau,

d'autres enfin à Pensez . . En fait, comme il a été dit ci-dessus,
les vassaux , de Penhoat ignoraient ou méconnaissaient les

droits dè Pensez, souvent aussi ceux de Daoudour, et appe-
laient directement à Landerneau. Penhoat était la juridiction
d'appel de Kermellec-Lomenven. Le greffe était loué 675 livres
de 1751 à 1754; la terre rapportait 5.030 à a.436 livres;

(i) Archives du Finistère, série B, jurid. de Pensez (environ 80 registres
et 40 Îiasses) et sèrie C déclarations pour le vingtième. Archives de
Loire-Inférieure, B. 9i et i 7S7.. .

d'après les déclarations pour le vingtième ·, auxquelles . n9u~
empruntons ces chiffres, il semble que l'office de sénéchal

concédé à Jacques Congar procurait au seigneur une redevançe
annuelle de 250 livres.

Le · fonds de Penhoat est un des plus importants parmi .ceux
que les greffes seigneuriaux o .nt fourni aux archives du Finis­
tère ; il comprend environ 80 registres et HO liasses (1) ..

" 113. Daoudour;"Coetmeur-Landivisiau avait été
formé, d'après M. de la Borderie, par le partage de la châtelle-

nie de Daoudour, l'une des quatre châtellenies existant dans le
Léon au XIIe siècle; le territoire situé à l'Est forma la châtel .:.
lenie de Daoudour-Penzé ; celui qui se trouvait à l'Ouest,

appelé Daoudour-Coetmeur, comprenait dix paroisses et 'pos-

'sédait cinq seigneuries vassales particulièrement importantes:
Penhoa t, Bois de la Roche, Lesquiffiou, Kersauson et Coat1ez~
Mais au XVIIIe siècle la châtellenie de Daoudour-Coetmeur né

ressemblait que de très loin à la seigneurie du Moyen-âge.
Cette terre fut nombre de fois vendue; elle appartint succes' -

sivement aux Rohan, aux Kergroadès, aux Tournemine, aux
Rièux, aux Danycan, aux Rohan-Chabot et enfin aux comtes

espagnols Fernan Nunez, héritiers des Rohan. Ces propriétai:.

res démembrèrent plus ou moins la châtellenie; le 27 septem:.

bre 1639, par exemple, Renée de Tournemine, marquise , de

Coetmeur et 'Kermelin, vicomtesse de Kerosver, comtesse de
Daoudour et .L~ndivisiau, etc. vendit à Guillaume du Coetlos' ­ quet, moyennant 5.500 livres tous les droits de juridictîon et

généralement tous les droits féodaux qu'elle possédait dans la

paroisse de . Plounéour~Ménez à raison de ' la seigneurie de
Coetmeur et de la juridiction de Daoudour, Ppnsez et Landï-

(1.) Archives Finistère: série C:déclarations pour le .vingtième, et s~rie E,
fonds l(erouartz. Des documents importants sur Penhoat se trouvent
dans les actes relatifs au procès du maréchal de Gié publiés par M. de
, Maulde : Procédures politiques du règne de Louis XII, Paris, i885, in-4° (c ;>l~
lection des documents inédits). M. de Maulde place à tort Penhoet ,dans
le Morbihan. '

visiau; l'acte de vente stipula ' que les fiefs releveraient doré-

navant directement du Roi. Cependant des mandats de juges .

gruyerscitentencoreen '1707 comme ressortissant à Landivisiau
les sièges de Kersauson, Commana, Plounéour··Ménez, Pen­
nanec'h-Pontheon, Lesquiffiou, Penhoat et Ket'mellec ; pour

trois ou quatre de ces sièges, au moins, la mention de l'appel
est injustifiée. D'autres mandats se tiennent prudemment

dans le vague et portent: « Landivisiau, Coetmeur, Daoudour,
. Kermelin et annexes JJ. Au XVIIIe siècle les juges de Daoudour
prétendaient avoir des menéants mais ils n'étaient d'accord
ni sur leur nombre, ni sur leur rang: aux plaids généraux de
1766, on appela Penhoat, Lesquiffiou, le Relec et Keromnès.
En 1773, les trois premiers furent encore cités mais le sei­
gneur de Keromnès fut qualifié de prévôt; en 1781, le Relec
n'est plus convoqué comme menéant et le prévôt est le sieur
de la Salle; en '178-1, on appelle de nouveau trois menéants :
Penhoat, Lesquiffiou et la Salle. Généralement prévôts et
meneants faisaient défaut. .Dans les dernières années de l'an-

cien régime, les magistrats essayèrent de remplacer le nom
ancien du siège par celui de « Principauté . de Léon

au siège de Daoudour-Coetmeur à Landivisiau ». L'intérêt
de cette modification n'était pas de . rappeler les loin-

taines origines historiques de la châtellenie mais simplement
d'établir une (~onfusfon entre les juges de LéoR-à derneau
qui depuis longtem ps étaient en possession de toucher
les « grands droits )} et ceux de Landivisiau qui ne

percevaient que les petits. Le subdélégué de Morlaix

fit justement observer en 1787 au procureur général syndic

des Etats de Bretagne, que la récente acquisition de Daou':
dour-Coetmeur-Landivisiau par le duc de Rohan-Chabot,
prinçe de Léon, ne lui donnait pas la faculté d'· imposer aux
justiciables un tarif plus élevé que celuI qui était en vigueur
. au temps des précédents propriétaires, les armateurs malouins
Danycan.

Si la taxe pour le rachat des offices de Gruyel's établie en
1710 avait été perçue, la dette de Daoudour-Coetmeur aurait
été une des plus élevées du Léon: "1.200 livres. Cette somme

indique que le ressort s'étendait en douze paroisses. Au

XVIIIe siècle, les justiciables n'étaient nombreux que dans la
paroisse de Landivisiau et dans les trêves et paroisses limi-'

trophes. Cependant ce siège était actif et occupé, car les

procès-verbaux des audiences pour les années · 1766 à 1790
forment soixante registres des · Archives du Finistère. Une
liasse renferme des documents relatifs à la · police des tanne­
ries: cette industrie est toujours en honneur à Landivisiau (1).
114. Lesquiffiou. · La juridiction exercée au bourg de
Pleyber-Christ avait son ressort dans cette paroisse et dans
celle de Saint-Martin. Elle ressortissait en appel à Daoudour-

Coetmeur. En ' 1675 la terre rapportait 3.700 livres; le greffe
était loué 33 livres. Au milieu du siècle suivant le revenu
total de Lesquiffiou monta à · 5.908 livres .; celui du greffe
tomba à 24 (2).
114 bis. Ainsi qu'il a. été expliqué dans la note consa-
crée à la juridiction du Tymeur (No 14), la châtellenie de
Plouyé et plusieurs autres terres des ressorts de Carhaix et
de Châteauneuf formèrent à partir . de 16' 16 le marqQisat du
Tymeur. La haute justice de Plouyé fut dès lors exercée.par ,
les mêmes magistrats que celle du Tymeur ; mais les appels
concernant les habitants de l'ancien· ne châtellenie continuè-
rent à être portés à Lesneven. ,
Pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle l'auditoire de la

juridiction dépendant de la châtellenie de Daoulas était à

(t) Archives de Loire-Inférieure, B. 065. Archives du Finistère; B.
Eaux et forêts (réception de jug-es gruyers) ; E. fonds Coetlosquet. -
Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 3.891~. Rapport de l'archiviste ·Luzel, de
1891 , p. 209. .
(2) Archives du Finistère, série E, fonds Barbier de Lescoet, liasses 17 et
68. Ce fonds renferme de nombreux documents sur la juridiction de
Lesquiffiou. .. '

Lànderneau, mais le ressort demeura soumis à lasénéchaus-

sée' de Quimper.

,114 ter. Dans le vaste ressort de Lesneven, plusieurs
juridictions s'éteignirent au commencement du xvne siècle;
quelques-unes furent temporairement rétablies, puis disparu­
rent de nouveau. Des recherches minutieuses dans les papiers

des justices seigneuriales, non encore versés aux Archives
départementales, permettraient probablement d'ajouter quel~

ques noms à ceux que nous allons- citer. .
Des actes du fonds Barb-ier de Lescoet (Archives du Finis-

tère, série El datés des premières années du XVIIe siècle

furent passés de'vant la juridiction de Kerno, en Ploudaniel.
Dans une induction de titres fournis au X:vm

siècle par deux
membres de la même famille Barbier de' Lescoet à l'appui

d'un aveu de la seigneurie de Quillimadeuc, on lit que les
avouatlts présehtÈü'ent U'ois actes de 1505 à 1582 émanant de

la juridiction qui s'exerçait au bourg de Saint-Meen. Il est
vraisemblable que les Barbier de Lescoet firent exercer par
les magistrats de .leurs ,juridictions de Lescoet-Ie-Chatel et
de Coatmenech les droits de justice qu'ils possédaient sur

leurs vassaux ,de Kerno et de Quillimadec. ,

, . Des rapports, souvent peu exacts, rédigés en 1759 au sujet

de l'organisation et de la circonscription des bureaux des do-:
maines et contrôles citent une juridiction de Trébodennic
exercée à Ploudaniel (:1). .

On montre encore près de la chapelle Saint-Laurent en
Landédadeux, piliers de pierre qui seraient les anciens
poteaux patibulaires de· la· juridiction de Tromenec. Dans
la paroisse de Taulé existe le très ancien fief de Pennelé
. qui d'après des docum.~nts généalogiques aurait ,possédé . une
juridiction aux XVIe et XVIIe siècles.
: Les actes relatifs à la haute justice de Lézireur sont plus .

(t) Archives d'Ille- et-Vilaine, C. 5.089.

probants: lettres pàtentes de François 1

confirmant' .les
lettres de Louis XII qui avaient accordé à Jehan . de Guicaz­
nou, seigneur de Lézireur, le droit de faire lever trois poteaux
poUl~ l'exercice de sa haute jusLice. Amiens, mars ' '1536 ; -
enquête au sujet du droit de justice: les témoins attestèrent
qu'elle avait été ' exercée mais que h~stitres avaient disparu
lors de l'incendie du châtea- u de Lézireur et dé seize o'u dix-

sept maisons voisines qui eut lieu à l'époque de ' la descente

des anglais, 14 octobre '1::>37: sentence des commissaires
établis pour là limitation du ' nombre des notàires qui réduit

à deux les charges dépendant de la haute justice de J.de

Guicaznou de Lézireur, 25 mai 1541 ; ". information faite

par le bailli de Les'neveIic/- des témoins attestèrent encore
l'existence de la juridiction ; . ils ra'pportèrent qu'ils avaient

vu jadis les poteaux en bois et pourris dans la lande de
Langroas ; enfin ils racontèrent une nouvelle destruction des
papiers de Lézireur : le manoir avait été occupé pendant un

mois aux temps des guerres de religion par le :capitaine
Chasteau; lieutenant du sieur Rostin ; il J'abandonna après y
avoir mis le feu lorsqu'il apprit l'entrée du maréchal d'Au­
mont à Morlaix, 3 juin 1633 ; arrêt de la Chambre des
Comptes maintenant Louis Gourio de Lézireur en possession
du droit de justice, 13 décembre .1633. La juridiction était
encore exercée en 1643, mais on peut croire qu'elle était
bien peu active puisque les propriétaires furents.i souvent
obligés de prouver son existence (' 1). .

Juridictions ressortissant nuement du Parlement" . .

. 115. Reguaires de Léon à Saint-Pol. Le siège
établi dans la ville épiscopale était le plus important des trois

sièges de reguaires qui dépendaient de l'évêché de. Léon . . Le

23 juin 1541, les commissaires institués pour la réduction du

(t) Archives du Finistère, série E, fonds Vintimille.

, .,' 32 ........ .r

nombre des notaires en laissèrent huit à Saint-Pol, six â
Gouesnou et quatre seulement à Quiminidilly. Le ressort com­
prenait la ville de Saint-Pol et tout le Minihy, y compris Ros­
coff, l'île de Batz en entier, la plus grande partie de Guimi­
liau, Tréflaouénan, Carantec et de nombreux villages de Plou­
goulm et Lampaul-Guimiliau. Le droit de justice de l'Evêque
remontait à l'origine même de l'évêché; cependant certaines at­
tributions seigneuriales ou judiciaires du préla tfuren ta ttaquées
par le duc de Bretagne au xve siècle ('1). Les reguaires possé-

daient un auditoire particulier qui servait aussi de lieu de réu-
nion pour la communauté de ville; les fourches patibulaires, qui
se trouvaient sur la grande place, disparurent en 1773 lors de
la construction des halles par l'ingénieur Besnard (2). Le
greffe des reguaires était ordinairement affermé en même
temps que celui de l'officialité: les preneurs payèrent 9'12 li:- '
vres de 16'13 à 1616, 1000 de '1616 à 16'19, 1100 en 1743. De
'1775 à 1790 les deux greffes furent régis pour le compte de
l'Evêque ; ils rapportèrent ensemble 920 livres environ par
an (3). Les greffiers des reguaires auraient été fondés, semble­
t-iI, à percevoir « les grands droits » ; à la fin du XVIIe siècle,

le greffier de Gouesnou était le seul qui eut l'habitude de les
exiger (4). .
116 .. Reguaires de Léon à Quiminidilly. Beau-
coup moins important qu.e le précédent cette juridiction, qui

était exercée à Lesneven, avait ses· ressortissants dans les pa-
roisses de Kerlouan, Plouider, Tl'égarantec. Les fiefs de Ker­
louan étaient d'origine très ancienne et comprenaient une

(t) Cf. Chanoine Peyron, Guillaume Ferron, évêque de Léon dans Bulletin
' de la Société Archéologique du Finistère, t. XXXV ({908)', p .. 69-93. ",
(2) Ogée, Dictionnaire de Bretagne, t. II, p. 868. ,
(3) Ax:ch. du Finistère, 5 G 22, 5 G52:l, folio 42 à It4 , 5 G 548 folio 3. (D'après
les renseignements fournis par M. H. Waquet, archiviste du Finistère.) ,

(4) Lettre de M. de Keraugon, correspondant de la Commission inter­
médiaire, au procureur général Syndic des Etats' (Arch. d'Ille-et-Vilaine,
C. 3894.) ,

-' .33 _ 1

grande partie de la paroisse; le domaine de Trégarantec avait
été notablement aùgm" enté par des - échanges conclus en 1547
avec Alain du Louet (1) et en 1595-H,99 avec René de Rieux
de Sourdéac (2). Au XVIIe siècle le greffe était loué 150 livres.
11.7. Le Relec. Les actes essentiels que présentaient
les moines cisterciens du Relec pour établir leur droit de justice
étaient une reconnaissance donnée en 1338 par le seigneur de
Penhoat porta nt que les tenanciers de l'abbaye n'étaient pas
sujets de sa cour; des lettres de la duchesse Anne du 12 mai
1498 autorisant les moines à faire élever ou relever les quatre

poteaux de leursjustices à Botlézan pour leurs biens de Tréguier
et à Plounéoùr-Menez pour leurs domaines de· Léon et Cornou­
aille; un arrêt de la Chambre ,royale du domaine du 24 Janvier
1674 maintenant l'abbaye dans le droit de haute, moyenne et
basse justice (4). Au Moyen-âge et jusqu'au XVIe siècle, l'abbé
eut un tribunal établi au centre de chacun de ses principaux
domaines ou « pièces» (5), au Relec, à Plufur ou Manac'hty
(sénéchaussée de Lannion), à Languen, qui (ut vendu en HS63

et uni à la juridiction de Kerjean (cf. no '100) et à Oultrellé.
Un compte de ' 1537-HS38 donne les noms et · les gages
annuels des officiers: '10 le Relec, Pi~rre Le Cozic de Keru:..

hel, sénéchal, 7 livres 10 sols, Pierre de la Forest de Ker-
saint, baillif, '100 sols, Yves de May de Kerjourdren, lieutenant,
80 sols, Charles de la Roche de Kergrach, greffier,.40 sols. -
2° Plufur: Guy de Lemeau, s'énéchal, 75 sols, Michel Hamon

(1) Arch. d'Ille-et-Vilaine, série F, fonds de la Borderie, dossier Du Louet .
(2) En échang'e de la terre de Portz lec'h, R, de Rieux reçut l'île d'Oues­
sant (archives du Finistère, G. 180 et chanoines Abgrall et Peyron Oues­
sant dans Bulletin de la commission diocésaine d'archéologie, Quimper, année
19i3, p. 262-266) .
. (3) Archives du Finistère, 5 G. 22.
(4) Ancien inventaire du chartrier du Relec aux Archives du Finistère,

no 50.
(5) Les religieux cisterciens du Relec et de Bégar se seryaient du mot
pièce au lieu de grange, ordinairement employé par leurs confrères, pour
désigner les domaines éloignés qui vraisemblablement furent à l'origine
le siège d'un peLit ètablissement monastique ,; grallg'e ou prieuré. .
BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ ARCHÉO. TOME XLI (Mémoires 3).

l , z ;j~ 55

d'e Kersènan, lieutehant~ 100' so18, Conan Lesugard, greffier,
40 sols. 3° Languen : Yves de May de Kerjourdréh,. séné':'
chal, 90 so'ls, Jean Barbiefde Kerjehan, procureur; 80 sols,

Olivier Guernisac 'de Kerscam, lieutenant, 80 sols, Jean
Coiffin de Tuonguestang, greffier, 100 sols. 4° Oultrellé :
Jehan: Kerpére,nnès, docteur en droit, sénéchal 60 sols, Jehan
, Botmeur, lieutenant, '100 sols, Jehan TreflIech, procureur,
40 sols ('1). Pendant un certain temps tout au moins, le
tribunal d'Oultrellé (2) siégèa à Saint-Rivoal, en Brasparts,
un procès-verbal des prééminences de cette, église dressé le
9 avril '1643 n1entionne en face du portail d'en~rée , un pilori

aux armes des 'abbés du Relec (3). En 1643 il n'y avait plus
d'auditoire spécial pour Oultrellé, mais les. juges du Relec

allaient sur place rendre la justice. Pour la pièce propremen t

dite du Relec, ils siégeaient au Cloître ou à Plounéour-Menez;

une sentence rendue aux généraux plaids du Huelgoat. le
23, décembre146!5 débouta le sénéchal de cette courqui avait
attaqué certains actes accomplis par les juges de l'abbaye. Au '

XVIIIe siècle, ils s'acquittaient mal de leurs fonctions; deux

arrêts du parlement rendus en 1737 à la requête des moines
prescrivirent aux magistrats de tenir régulièrement audience
à Plonéour tous les huit jours: on remarquera que les pro­
priétaires du droit de justice étaient obligés de recourir à
l'autorité du parlement pour obtenir que ce droi~ fut conve-
nablement exercé. ' , '

Le ressort s'étendait alors dans les paroisses de Pleyber­
Christ, Plounéour-Ménez et leurs trêves, Pleyben, Brasparts,
Gouézec, Plonévez-du- Faou, Collorec, Châ'teauneuf. Une

déclaration rendue après la promulgation de l'édit des lods et

, (1) Compte incomplet rendu par Charles Pommeret, prêtre, receveur
général de l'abbaye (Arch. du Finistère, H. 50,) ,
(2) Les terres qui composaient la pièce d'Oultrellé étaient situées pour la
plupart outre ou au delà de l'EUé (rivière de Saint-Herbot) par rapport '
au Relec.
(3) Archives du Finistère, H. 93.

ventes (1700) donne 1;$0 livres comme revenu du greffe; te .
chiffre est faible et probablement au-dessous de la vérité, car

le Pt:ix de l~.ferm~ . étai t de 3;)0 livre~~ en '17.76 " et de 300 en
1781 ('1). " : . . '.." . - ;·".i , .

. , H. BOURDE DE LA ROGERIE . . '
(A suivre.)

(i) Toutes les pièces concernant la juridiction et le greffe du Relec se
trouvent dans le carton H. 50 des Archives du Finistère. Nous avons
donné quelques renseignements sur les mag'istt'ats et les juridictions de la
région dans l'Analyse d~un compte. de l'qbbaye du Relec (~54-2-:15.46) publiée
dans le t. XXXI (i904) dù Bulletin de la ' Société Archéologique 'du Finistère.

- 247

DEUXIE E PARTIE

Tables des mémoires publiés en 1914

Abri et sépulture sous roche à Keramengham,
en Lanriec, par le chanoine J.-M. ABGRALL ....
Liste des juridictions exercées au XVII" et au
XVIII" siècles dans le ressort du présidial de
Quimper (suite: Sénéchaussées de Gourin et
de Lesneven), par H. HOURDE DE LA ROGERIE ..
IlL La période révolutionnaire à Gouesnac'h par

Pages

L.OGÈs .... ................ .................. 36
IV. La Révolulion en Bretagne. Les derniers monta-
gnards, 1795, (suite), par PRo HÉMON. ....... 62,156 .

V. Première contribution à l'inventaire des monu-
ments mégalithiques du Finistère (suiLe :
Cantons de Lannilis, de Plabennec et de Plou-
dalmézeau), par A. DEVOIR. . . . ..... . . . .. .. . . . 91
VI. A udierne à la fin de l'ancien régime par J. SAVINA 112
VII. NoUce sur la ohapelle de Saint-Herbot 'en Plo-
névez-du-Faou par CH. CHAUSSEPIED.. . . . . . . . . . 128
VJII. Elude arcbéologique du cadastre par H. LE CAR-
GUET ..... ....... ...... · .... ................. 140
IX. Excursion archéologique du 10 mai 1914. Compte

rendu par le chanoine J.-M. A BGRALL ........ .
Lettre circulaire des membres du bureau . .. .. .
La Cathédrale de Reims par,.le chanoine J.-M.

ABGRALL ......... .

dt " " 7 77 "

211
238
242

DU FIN ISTERE
Hôtel de Ville
B.P. 531
29107 QUIMPER