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Bulletin SAF 1893


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Chapelles et calvaires de Saint-Vénec et de Notre-Dame de Quélénen

Abbé Abgrall

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DB SAINT-VÉNEC ET DE NOTRE-DAME DE QUiLINEN.
Ces doux chapelles, construites à peu près à la même
date, vcrs le milieu du XVIe siècle, sont toutes deux situées
sur le bord est de la ro~te de Quimper à Châteaulin, la pre­

mière entre le 16 et le 17 kilomètre à partir de Quimper,
et la seconde à côté de la borne kilométrique n° 11. .
Saint-Vénec.
La chapelle de Saint-V énec, dépendant de la paroisse de
Briec, n'offre rien d'intéressant à l'extérièur si ce n'est le
groupement de deux porte.s assez ornementées percées dans
le côté et le transept sud, et séparées par le contrefort placé
dans l'angle rentrant, avec une jolie niche abritant une petite
statue en pierre de saint Jean-Baptiste.
Le saint patron qu'on y vénère est saint V énec, le même
que saint Guennec, Guézennec, Guéthénoc, fils de saint
Fragan et sainte Guen, et frère de saint Guénolé et saint
Jacut.
Le -Men lui a consacré une longue étude dans le Bulletin
de la Société archéologique du Finistère, année 1875, page
104 et suivantes, et d'après lui saint Vénec pourrait être le
même que saint Cadouan, patron de . Poullan, saint · Ca­
daouan, patron d~une ancienne chapelle ruinée en Brasparts,
saint Cavan ou saint Cava qui a sa chapelle sur la côte
ouest de Plouguerneau. : . -
A l'lntérietir de l'édifice sont des stat~es -~ombreuses que
nous allons étudier d'après leur ordre de placemenL
1. A l'angle du transept nord, sur un grand cul-de-lampe
en pierre et dans une grande niche en bois, est un saint

Yves assis entre le riche et l~ pauvre. Ce groupe est en bois.
Sur le cul-de-lampe est sculptée en relief, en caractères
romains, l'inscription suivante donnant le cOIp.mencement
l'oraison de saint Yves:
DEVS. QVI. BEATYM. YVONEM. CONFESSOREM -,
Y. MOEZ.
2. De l'autre côté de la fenêtre est un saint Sébastien.
3. Au coin du maître-autel, côté.de l'évangile, up. grand
cul-de-larn.pe e-!1 pierre ' pOftant cette inscription en cargC-

teres romams :

NOTRE. DAME. MERE. DV. REDEMPEVR. 1592 .

. Sur ce cul-de-lampe, une. niche en bois, dans le style de là.
fin de la période gothique, abrite deux statues: sainte Anne
et la Sainte-Vierge, la. première en bois, la seconde en
pierre. L~ Sainte-Vierge allaite l'enfant Jésus, elle porte la
cpuronne et tient un!3 pomme de la main droite. Une ins­
cription sur le socle la désigne sous le nom de
, N. p. DE. TREGVRON,
ce qui d'après quelqq.es-uns sig'nifierait N.-D. des Trois­
Couronnes ou du Rosaire.
L~ "Sainte-Vierge est vén,érée sous le même vocable à la
chapelle de ~.-D. d,e Tréguron, en Gouézec, où elle est priée
surtout par les mères et les nourrices qui ont besoin de lait
ppur leurs nou,rrissons.
. L~ haut de la niche est orné de sculptures grossières repré­
sentant: l'Annon,ciation, Notre-Seigneur ressus.cité appa­
r~issant à sa Mère, et le couronnement de Notre-Dame.
cul-de-lampe en pierre avec l'ins-
4. Au coin de l'épitre,

crlptlOn :
S. GVÈZNOCE : 1578.
~ich.e gothique en bois dont le dais . a de~ découpures
flamboyantes tr~s fines. Dans cette niche est la statùe en
p.ierre du saint. patron, sajI,lt ·Y énec ou Guesnoc. Il · est re-
pl'és~nt~ el} guerr~er, 'c~sque en tête, revêtu de la c~i~asse

et du reste de l'armure de fer, et .portant sur le touf.un
manteau qui le drape élégamment. De la main 1droite il tient
une épée nue et de la gauche un livre ouvert. A ses pieds.
et dans la même niche, sont deux petites statues en bois
représentant ses deux frères,. sait Guénolé et saint Jacut,
vêtus en abbés, avec chape, mItre et crosse.
5. Entre le maître-autel et la fenêtre du transept sud, est
la représentation la plus curieuse et la plus extraordinaire"
qui, soit dans le · pays : c'est la statue de la mère de saint
V énec, Santes Guen, Teirbron, Saneta alba Trimammis,
sainte Blanche aux tro:s mamelles, parcè que d'après la
légende populaire consignée da?s le cartulaire de Landé­
vennec, Dieu lui donna une troisième mamelle à la naissance
de son troisième enfant. C'est un groupe en pierre peinte et
dorée. La sainte est repré,sentée assise, couronne en "tête,
avec une chevelure aboI!q.ante qui tombe sur ses épaules et·
est retenu~ par des rubans ou bandeaux. Elle porte sur ses ·
genoux un petit enfant,vêtu d'une robe dont le bas est orné
d'une frange. Cet enfant tient de la main gauche le bout
d'une banderolle sur laquelle est inscrit en caractères gothî- ,
ques du XVIe siècle: '
S. GVENOLAE.
Aux côtés de la sainte sont deux autres enfants plus grands.
et debout, vêtus d'une robe courte ou casaque, les pieds .
chaussés et les jambes prises' dans des bas-de-chausse.
Celui de droite tient de la main droite une banderole avec

l'inscription:
S. GVESNEC . .

Celui de gauche tient de la gauche ': : .
S. JACVT.· . . .

La sainte est vêtue d'une robe longu~, p'q '~ dessus laq~elle
est un autre vêtement plus court dont le bas est orné d'une

bordure de pierreries et d'une frange formée de glands
triangulaires. .'

U ne particularité de cette statue c'est qu'elle a le corsage
ouvert et qu'on lui voit trois mamelles, deux petites mamelles
au-dessus, une plus grande sur laquelle elle
inférieures et,
sa main droite. Le petit saint Guénolé passe aussi sa
pose
main droite sur cette mamelle . .
D'après M. Gaultier du Mottay, sainte Guen est repré-
sentée allaitant ses trois enfants dans un tableau de sa cha-
pelle de Lesven, en Plouguin, près de Ploudalmézeau.
6. A l'angle du transept sud-est la statue de sainte Mar-

guerlte.
7. N.-D. de Bonne-Nouvelle.
8 . . A l'autre angle du ~ême tl'ansept: saint Antoine,
ermite. .
. 9. Notre-Seigneur sortant du tombeau. Quelques débris de
vitraùx attestent qu'autrefois les fenêtres étaient richement
décorées. Dans ces restes on reconnaît deux anges tenant
des banderoles, 'puis la Sainte-Vierge et saint Sébastien.

. Au bas de la neC on voit, jeté au rebut un vieux lustre en
très simple et très primitif qui était autrefois suspendu à .
fer
la voftte pour brûler des c.ierges devant' saint · V énec ' ou
Tréguron. .
. devant N.-D. de
Calvaire. . A six pas de la façade sud de la chapelle est
. tin calvaire remarquable dont la base ' est formée de deux
massifs triangulaires superposés l'un à l'autre el autour
- desquels sont rangés les douze apôtres, B:vec leurs noms
sur le socle, et un article du Credo, en belles lettres
inscrits
gothiques sur la banderole qu'ils tiennent de la main:
S.PETRVS: CREDO.lN.DEVM ...
S.JACOBVS.MAJOR. S.JOANNÉS. etc .. :
Au pied de la croix, par devant, . se trouve le groupe de
N .-D: de Pitié e~tourée des saintes-femmes et tenant le
corps de son diviri fils sur ses genoux.
Plus haut, la Madeleine, les mains jointes, la tête baissée :
et pleurant, puis, de chaque côté, la Sainte-Vierge et saint

Jean. Au sommet, Notre-Seigneur en croix, entouré "de trois
anges qui recueillent dans des calices son précieux sang.
Deux croix latérales, plantées sur la base supérieure, por­
tent les deuX larrons qui se livrent à des contorsions où se
qUl entourent ce calvaIre reposent sur
Toutes les statues
des cariatides formées de bustes humains dont quelques-uns .
sont bizarrement contournés, et dont le style s'accorde assez
bien avec la date de 1556 inscrite sur le dos de la croix
principale.
Fontaine. A 25 ou 30 mètres de l'absid" e de la chapelle
du côté sud, est la fontaine monumentale de saint Vénec,
un des plus jolis édicules du XVIe siècle qu'on trouve dans
notre pays. Elle est acccostée de deux élégantes pyramides
gothiques portées sur des colonnettes à torsades et à losan­
ges. Au fond, une petite niche renferm~ une petite statue
en pierre de ~aint V énec, armé eh · guerrier, :~vêtti d'un
manteau, portant un casque sur sa chevelure opulente, tenant
de la main dl'oite une épée nue, et de la gauçhe ~il} ' livre
ouvert. " . , " "

Notre-Dame de Quilinen.

". La chapelle de Quilinen, dépendant de. la paroissè de Lan-
drévarzec, ancienne trève de Briec, présente à l'extérie'ur
une ornementat.ion très riche "du côté de l'abside et sur la
façade midi. Le côté Est, formé "pour l'abside' et" ;lê transept
nord, est percé de trois belles fenêtres et appuyé par
quatre contreforts surmontés de pinacles aigus, hérissés de
crossettes. Sur la façade sud on . trouve " trois autres jolies
fenêtres, une petite porte élégante; " deux contreforts,
dont l'un très massif, renferme un escalier qui desservait
autrefois un jubé intérieur, et qui sur sa face extérieUre
contient une niche renfermant une statue de saint Pierre, en
pierre b1anche, maintel:lant dégradée mais offrant t.oujours.

SUI' les ' bordures de ses vêtements des broderies d'une ex­
trême finesse rappelant le genre et le style des draperies de
Sainte-Croix de Quimperlé.
l'ancien sépulcre de
Presque a\l bas de ce côté de la nef, est un porche ou une
grande arcade encadrant une porte géminée, et dans le
tympan une gra.cÎeuse statue de la Vierge, à genoux, ayant
à sa droite un ànge portant sur une banderole l'inscription
gothique:
AVE. GRATIA. PLENA.
A sa gauche un autre ange, aussi à genoux, tient l'ins-
crlpt~on :
NOTRE. DAME. DE. BONNES. NOUVELLES.
Le c~Il-de-lampe qui soutient la Vierge est formé d'un
aigle tel)ant un écusson, ' ceux qui portent les anges sont
formés de deux .lions tenant aussi des écussons sur lesquels
on a dû peindre il y a quelques années des blasons de fan­
la grande accolade sont trois ou quatre
taisie. Au-dessus de
autres écussons dont un timbré d'un casque.
Ce joli porche de Quilinen est absolument analogue comme
forme et comme dimensions à celui de la chapelle de N.-D.
des Fontaines, en Gouézec.
A l'intérieur on est agréablement surpris de trouver une
architecture riche et savante dans la partie absidale, c'est­
à-dire \lne travée de la nef, le chœur et la branche de. croix
qui forme l'unique transept au nord. Des piliers revêtus de
colonnettes soutiennent des arcades et des voûtes élégantes,
reeoupées de nervures moulurées. 'Quatre écussons forment
l'autre croisement de ces nervures: l'un, dans le
les clefs à
chœur, est chargé d:hermi'nes sans nombre; deux, dans la
nef et le tran~ept; portent des macles.
Les statues en vénération dans la chapelle sont:
1: S~int Corel1tin, en chape, mitre et crossè.
2. S.aint Yves entre le riche et le pauvre.
Saiu-t Yves ,est représenté ' assis, revêtu du surplis et du

camail et coiffé de la barrette. Le riche vêtu. magnifiquement,
tient dans sa main des pièces d'or qu'il a retirées de son
et suppliante;
aumônière. Le ,pauvre a une attitude humble
1 est vêtu de haillons, et son costume rappelle deux autres
plonéis. Dans cette ' dernière surtout, la représentation du.
aUDre Lazare est la perfection du mendiant affamé et dé..:
guenillé. . .
3. Saint Cadoc, en chape et mItre, avec crosse en mam.
Sur la base l'inscription: .
S. CADOC\TS : ABBAS. '
Cette statue est en pIerre.
4. Saint Roch, accompagné d'un petit ange.
5. Résurrection, ' Notre-Seigneur sortant du tombeau.
6. Sainte Anne. "
7. Près de l'autel principal, dans une larg'e niche accro..:
chée à un pilier , est un groupe remar'quable d'8 la des'ce~te
de Croix dont le style se rapproche siJlgulièrement des
sculptures et des peintures flamande~, si bien qu'on serait
tenté de l'attribuer à un des ateliers de ce pays. <::e ne serait
pas la seule 'prod'uction venant de ces écoles pour enrichir
Bretagne. L'admirable rétable de N'.-D. de Kerdévot '
notre
vient d'Anvers, j'en ai désormais la preuve matérielle; urie
jolie statue de sainte Barbe, dans l'églisé de Guengat, semble
avoir la même provenance, ainsi que la mise au Tombeau
trouve dans l'autel du bas-côté nord de l'église de
qui se
Rosporden.
Dans le groupe qui nous occupe' à la chapelle de Quilinen,
la Sainte-Vierge est assise, tenant sur ses genoux le corps
inanimé du Sauveur. E~le a les mains jointes et, plongée
la douleur, elle regarde la tête ensanglantée de son Fils.
dans
Derrière elle, saint, Jean q'ui la soutient, et Marie-Madeleine '
pleurant et s'essu'yant' les yeux avec un mouchoir ou un voile.
La- Madeleine a les 'manches serrées sur les poignetS' ét

formant bouffantes sur les épaules, la tête coiffée d'une sorte
de turban retenu par une bande d'étoffe formant mentonnière.
Cett~ particularité se retrouve dans un des personnages du
rétable de Kerdévot, dans la mise au tombeau de Rosporden,
et dans la sainte Barbe de Guengat.
Joseph d'Arimathie, qui se tient près de la tête de Notre­
Seigneur, est costumé très richement; toutes les pièces de
son vêtement sont décorées de franges et de bordures; les
extrémités de s~s manches r~tombent en pointe airisi que
les coins du camail qui lui couvre les épaules et du capuch on
très original qui lui sert de coiffure.
En face de lui, près des pieds du Sauveur, est Nicodème
qui tient dans ses mains la couronne d'épines . . ,
, 8. , A l'autre angle de l'autel est une statue en pierre de
Notre-Dame, portant sous son bras gauche l'Enfant-Jésus
vêtu d'une robe et tenant un livre..' Cette , statue a beaucoup
de style et rappelle par son genre et ses draperies la Vierge
de la Fontaine~u Folgoët, et d'autres statues de la Sainte-
Vierge, notamment au porche de Trémaouézan et à la cha­
pelle de Saint~Laurent de Goulien.

9. Dans la nef, une statue d'évêque en pierre, tenant une
crosse et un livre: d'un style noble et grave, C(lmme le saint
Maurice de Plonéis, le saint Maudet de Plogonnec, et le
s-aint Méen de Ploéven.
10. Sur un tref ou poutre tenant à l'arc-triomphal, d'après
l'usage ancien, se trouve Notre-Seigneur en Croix et, à ses
côtés, Notre-Dame et saint Jean. Sous les mains du Sauveur
sont deux anges suspendus en l'air par des tiges de fer, et
qui recueillent le précieux-sang' coulant de ses plaies.
Autrefois une roue garnie de clochettes, formant caril­
lon, était suspendue au fond du transept nord, au-dessus de
l'endroit où se trouve maintenant le groupe de saint Yves.
Une petite charpente fixée au mur reste là comme témoin;
mais la roue, dégarnie de se~ clochettes, est actuellement

reléguée au bas de la chapelle, en compagnie d'une côte de
baleine qui a dû être donnée par quelque marin à titre d'Ex­
Voto à Notre-Dame, ou comme pièce curieuse, comme la
machoire de cachalot qui a longtemps séjourné dans le bap­
tistère de Primelin, en mémoire de la bande de cétacés qui
avait échoué sur la côte, il y a.deux siècles, au momellt où
ch~ntait la grand' messe à la chapelle de Saint-Tuje'n. .
l'on
La chapelle de Quilinen a aussi sa fontaine, à 30 ou 40
mètres au nord-est de l'abside; mais moins monumentale "
que celle de Saint-V énec. Sur la façade à moitié ruinée on
voit trois écussons. Celui du milieu porte un croissant'; les
deux autres, qui sont partis, portent d'un côté un croissant,
de l'autre une crOIX.
Calvaire. ' Le calvaire de N .-D. de Quilinen, distant de .
5 à 6 mètres de l'angle sud-est de l'édifice, est supérieur
comme exécution et comme pittoresque à celui de saint
V énec. On ne peut rien imaginer de plus heureux comme
groupement de personnages et comme silhouette originale.
Comme base, ce sont deux massifs triangulaires se super­
posant et se compénétrant, et tout autour de la deuxième
base, sur des culs-de-lampe en cariatides, les apôtres diver­
sement étagés pour donner plus de mouvement à l'ensemble.
Quelques-unes des cariatides tiennent de longues bande­
roles qui courent contre le socle et qui ont pu recevoir autre­
fois des inscriptions en couleur, mais ne portent pas de traces
de gravure. ·

Au pied de la croix, par devant, est N.-D. de Pitié, tenant
le corps de son Fils, et accompagnée d'une des saintes-fem­
mes; plus haut, à deux: niveaux différents, deux autres
saintes-femmes et l'apôtre saint Jean .
Au dos de la croix on voit la Sainte-Vierge tenant l'enfant
Jésus dans ses bras, plus haut, la Madeleine tenant un vase
d'aromates, et au sommet, derrière le crucifix, Notre-Sei­
gneur ressuscité.

Les larrons, surtout celui dë gauche, se tordent dans des
convulsions étranges, et il y a peu de sculpteurs moder'nes
auraient assez de hardie'ss'e et d'habileté pour traiter et
qui
mouvementer les corps humains, comme l'a fait le vieil ima­
gier du XVIe siècle.
Dés traces de peinture conservées sur les statues, surtout
dans les replis de leurs vêtements, indiquent que primitive-
tout ce calvaire était autrefois peint et doré. Qu'on ne
ment
se récrie pas à cette idée. Cè n'était point un- exempfe isolé.
temps' de ia vieille Grèce, on a
Au moyen-âge comme au
aimé l'architecture polychromé. :'
Au XIIIe siècle, la fa'çade de N.-D.' de Pat'is était en grande

partie dorée et peinte, et pour ce qui est de noire pays, nous
les mêmes témoins de. d'écoration peinte et de
retrouvons
dorure aux porèhes de Lampaul-Guimiliau et de Rumengol,
et au portail de l'évêque Alain à l'église du Folg'oët, sans
compter une foule d'autre's croix ou de statues éxtérieures.
pas' du reste se' faire illusion l'li être trop puriste
Il ne faut
ou trop exclusif : cette décoration extérieure polychrome,
lorsq'u'elle conservait encore· toute la fraîcheur de sés cou- '
leurs et tout l'éclat de ses ors, devait offrir un aspect-sai·sis.:.
sant, ' sans exclure l'harmonie dans l'ensemble, et, pour ma
part, il ne me déplairait pas de voir l'a:dmirable calvaire de
Quilinen avec ses enluminures anciennes. _

J.-M. ABGRALL,

Prêtre; Architecte .