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Bulletin SAF 1885


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Promenade à Quimper (article 4)

M. Trévédy

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, PROMENADE DANS QUIMPER (ADDENDA) (*)

Pages 213, 214, 215.

LE PLAN DE 1764

Ce plan a été approuvé par arrêt du Conseil du 5 dé-
' cembre 1766, enregistré au Parlement, le 29 janvier 1767,
et à la Cour des comptes, le 5 février suivant. Les arrêts
des deux cours sont conservés aux Archives départemen-

tales du Finistère (E 2). Ils nous apprennent que l'auteur
du plan est le sieur Garnier, sous-ingénieur. L'ingénieur
André' n'a fait que l'approuver en y apposant sa signature.
C'est rapplication administrative de la règle Sic vos non

vobis.

Les deux arrêts nous révèlent aussi :
1 Que dans un rapport au Gouverneur de' Bretagne l'in-:
génieur André signalait l'acquisition des maisons marquées
sur le plan B, C, D, comme urgente pour l'élargisseme~t
ou le redressement des rues; _

2 Que, dans le même but; la communauté de ville avait
d'avance acquis une maison rue des Etau:x: et une autre à

l'encoignure de la rue Saird-François et de la place iVlau-
bert; et l'ingènieur proposait l'approbation de ces acquisi- .
tions.
La maison marquée B (à l'encoignure de la rue Saint­
François et ~de la rue Keréon) fut expertisée d'office le 2G

septembre 1768; elle appartenait à trois propriétaires et à
plusieurs mineurs : des difficultés s'élevèrent; enfin, ]e 2
l'Intendan't approuva le procès-verbal des
février 1769,
experts; et, sans s'arrêter aux oppositions formulées, il
ordonna le paiement des estimations etla démolition de la
maison. (Arch. dép. E. 7).

(*) V?if ci-dessus, p. 213, 253, 317 et 381.

Je n'ai pas trouvé l'acte d'acquisition de la maison mar­
quée C, place Médard; mais nous avons vu que la maison
marquée D, faisant barrière entre le pont Médard et la rue
aux Febvres a été acquise en 1768 (1).
Ces acquisitions devaient être « payées sur les revenus
« ordinaires de la ville à mesure qu)elle aurait des fonds
« disponibles: » règle d'administration al,lssi sage qu'eUe
est universellement . méconnue .
L'arrêt du Conseil portait défense « de bâtir à l'avenir
« une façade autrement qu'en pierres et de faire de grosses

« répara.tions aux façades» qui étaient ainsi virtuellement
Parlement alla plus loin: les maisons
condamnées. Le
en herse surplombaient à chaque ètage, et le premier étant
souvent fort peu élevé, la saillie faisait :obstacle au libre
passage des voitures et même des cavaliers: c'était un
vrai danger. La ville fut autorisée à supprimer ces saillies
aux frais des propriétaires. Mais ces dispositions n'ont pas
été rigoureusement appliquées; et, après plus d'un siècle
révolu, Quimper ,a encore un grand nombre de maisons à
saillies très basses (2).
Enfin la communauté de ville avait exposé au Roi que,
« contrairement aux ordonnances, Quimper n'avait pas de
{( tuerie.» . « Les bou'chers, disait la délibération du 6 dé-­
« cembre 1764, se sont établis dans la partie la plus élevée
« de la ville, et font leur tuerie au milieu de la rue, en sorte
« que le sang des bêtes coule presque tous les jours dans
« les rues les plus passagères, ce qui cause une- . infection
« insupportable et dangereuse. » L'arrêt du Conseil auto~

« risait la ville « à acheter, du consentement de l'Intendant,
(i) Voir ci-dessus p. 3i8 . .
(2) Les habitants de la rue Neuve, où passaient autrefois les dilig~n­
ces, ont pu voir, il y a deux ans, la capote d'u~e VOIture heurter VIO­
lemment une de ces saillies et tomber entraînant deux personnes .

« un terrain pour y établir une tuerie ou boucherie, d'ou
« le sang des animaux et autres immondices puisse couler
( dans une des rivières sans passer dans l'intérieur de
« la ville. » Quimper a laissé passer cent ans avant d'user
de, cette autorisation; et, quand un terrain a été acheté
pour rabattoir, il à. été choisi au-dessus de la ville ...
Le 27 mars 1753, le Roi siégeant en son Conseil, avait or·
donné, sur la demande de la communauté, « que tous les
« propriétaires ,des emplacements de maisons ruinées
« devraien't les rebâtir dans six mois à compter du jour dU

« présent ' arrêt : passé ce délai, le Roi permettait au
« Maire de faire vendre les emplacements de maisons ét
« les matériaux, à la charge par les adjudicataires de bâtir:
« dans les six mois. » Le Roi se réservait et à son Conseil
jugement des difficultés auxquelles ces adjudications

pourraient donner lieu. Mais l'indigence pouvait mettre
, un obstacle invincible à la bonne volonté du propriétaire 1.. ..
L'arrêt n'en tenait compte; aussi ne reçut-il pas une sévère
exécution; du moins voyons-nous par le plan de 1764 que
maisons brûlées, le 17 juin 1762, place Saint-Corentin,
les
n'étaient pas encore rebâties deux ans après. Pourtant l'ar-
rêt de 1753 n'était pas oublié en 1782; et, cette année, le -. ----
sr Félix Boucher, négociant, demeurant rue des Orfèvres
(du Chapeau-Rouge), sollicita et obtint la vente et la

, démolition de la maison de son voisin, qni était déjà à demi
tombée

Puisque nous parlons de la propreté de la ville, rappe- '
l'année 1404, l'évêque Thibaud de Malestroit
Ions que, dés
rendait une ordonnance de police portant entre autres pro-
hibitious celle de nourrir dès porcs en ville? Cet usage est,
dit l'Evêque, contraire à la décence publique. C'est pour-
quoi, de l'avis des principaux et des sages de la ville, il
l'interdit sous les peines les plus rigoureuses, l'excQmmu-

nication et une amende de cent livres (1). L'énormité de la
peine donne la mesure de l'abus qu'il s'agissait de réprimer.
Mais on n'applique pas les lois si rigoureuses. Les siè­
clessuivants rendirent quelque liberté' aux. porcs, et ceux-
ci en abusèrent. Un de nos confrères nous a appris qu'au
dernier siècle ils se promenaient par troupes dans les rues
et qu'ils pénétraient mème dans les églises (2). Il ajoute que
tard ils ne se montrèrent plus: on les tenait enfermés; ,
plus
enfin, pl usieurs années après la Révolution, ils disparurent
même de ces bouges, et Quimper en fut définitivement
purgé. Remercions notre excellent confrère de cette
surance flatteuse, et espérons qu'il est bien informé!

II. Page 215 .
DIVISIONS SEIGNEURIALES

J'ai indiqué quatre ' fiefs se 'partageant Quimper et les
campagnes voisines comprises dans ses ~paroisses. Il fal­
lait en compter cinq. J'ai dit, sur la parole d'Hévin, que

tout le faubourg dit Terre-au-Duc, relevait prochement du

Roi. Ce n'est pas absolument exact, du moins pour les
derniers siècles, ainsi qu~il résulte de l'aveu rendu au Roi,
30 octobre 1730 .. par Alexis-René Le Sénéchal de Carcado,

Marquis de Pont-Croix, etc., etc., alors gouverneur de '
Quimper .

(1.) « ••• Ne .. , conLrà Reipublicee honestatem porcos teneant et enu-
... , alioquin omnes..... in contrarium facientes quod in hoc
triant
scriptum est excommunicamus est ad excommunicationem pœnee pecu­

niariee predictce contrà ipsos procedemus ... » Or, la peine susdite c'est
celle de « centum librarum monetce currentis nobis et Ecclesiee nostree
sponsee Corisopitensis applicandarum et in pios usus convertendarum. .. »

(Arch. dép. E. 2). 1.00 livres de ce temps font uu moins 2,000 fraucs
de notre monnaie.
(2) M. le commandant FATY. Lapolice de Quimpe1' au XVIIIe siècle.
Bull~ XI. P. 21.7 et suiv .

Le fief de Quémene.t était une annexe du Marquisat de
Pont-Croix. Son chef-lieu était a Stang-Roc'han (par. de
Pluguffan); il avait, comme nous l'avons vu, son audi-
toire aux Cordeliers et ses patibulaires sur la colline de
Rohan,. au-dessus de Bourlibou (1); et s'étendait jusque sur
la . paroisse Sain t-Ma thieu.

En effet, l'aveù réclame la seigneurie sur les manoirs de
Pratheyr, Kerrien, Pontigou" Kerrnabeuzen, Menez-Guen et
. leurs issues, et sur deux courtils et' sept maisons de la Terre-
au-Duc, dont une rue · du Sel. Le Marqui~ de. Pont-Croix,
réclame en outre le titre .de fondateur de l'église de Saint­

Mathieu, avec ses armes et litre en supériorité, et un banc
au chœur de l'église, du côté de l'ÉvangIle, c'est-a-dire au

' lieu le plus éminent; il était en' outre Ïondateur du monas-

tère déS U rsulÎnes (Aveu, fo 380, rD et vO). .
Il faut . donc, page 216, intercaler le fief de Quémenet,
SOUf; le n° III, entre la Terre-au-Duc, fief du Roi, et le
fief de Locmaria. .

III. Page 215. ' Note .

PONT SAINT-YVES.
Le pont Saint-Yves n'était pas, comme· je l'ai dit, près
du manoir du Parc, à la place du pont construit en fer
auprès du chemin de fer de Pont-l'Abbé. Il était un peu
plus bas et de ce côté-ci du chemin de fer, au bout de la

ruelle pavée qui conduit de Saint-Yves a la rivière. Ce pont
unissait cette ruelle au chemin nommé dans les vieux titres
chemin conduisant ait Cosquer et à la rue Bily (de la Pro-
-vidence). 11 y a' une cinquantaine d'années,,' le pont était
ruiné et ses décombres obstruaient la rivière. Le proprié-

les Fourches patibu-
(1) Ci-dessus, p. 383, 38a, ~08. V. Notice sur
Laires de Quémenet. Bull. X, p.2H.

taire du ~anoir du Parc obtint l'autorisation de les enlever,
à la construction d'un pont entre la cour du
et les employa
et les terres qui en dépendent, de l'autre bord de
manoir
Ces vieux matériaux avaient donné au pont un aspect
l'eau.
ancien et qui a trompé plusieurs. personnes. Ce pont a été
par les eaux en 1882 .
emporté'

IV. Page 228 .

MOULIN DE L'ÉVÊCHÉ.

Ce moulin a été construit au moins deux fois.

L'Evêque Guillaume (1192-1218), par acte daté de Lanni-
ron, (1218)laissepour un anniversaire une rente annuelle de
40 s'ous à percevoir sur « le moulin qu'il avait fait .cons-

. « truire sur l'étang Amis, » (Cart. du Chapitre de Quimper).
après~ Gatien de Monceaux (1408-1416) bâtit
Deux siècles

les moulins près de _son manoir épiscopal. (Albert L'È

GRAND. Catalogue des Evêques de Cornouaille) .
aux Archives de l'Évêché un bail du moulin de
Il existe
prix de ferme est de' 2,200 livres. De plus, le

meunier prend charge de fournir d.ouze saumons: un à
chaque Quatre- Temps, et huit pendant 13 Carême ; ~ défaut,

il paiera 10 livres pour la valeur de chaque saumon. Ce bail
1782; et le prix fut porté a 2,700 francs
fut renouvelé en
.' (Arch. départ.).
En 1788, le meunier expose à rÉvêque que « le 10 jan­
« vier, la force des eaux rompit la chaussée du mou-

« lin; et, depuis ce temps, le moulin a été dormant.
« L'étang formait un vivier considérable pour les saumons;
« la rupture de la chaussée les a fait déserter et le meunier
« n'a pu en prendre aucun. Cette pêche étant prohibitive
(\ lui était une grande ressource; on sait que les saumons
« se vendent fort cher à Quimper et surtout péndant le

« Carême .... Le meunier de Saint-Denis a profité de son
« malheur, ' car il a déja pris 60 saumons qui n'auraient
« pas échappé a votre fermier si la chaussée eût été en bon
« état; c'est pour lui une perte de près de 500 francs. »
Cette évaluation porte le prix de chaque saumon à
8 fr. 50 c.
Ces chiffres font naître une question : A quelle époque

rapporte la légende dJaprès laquelle les domestiques
mettaient dans leurs conditions, en Bretagne comme en
Écosse, qu'ils ne mangeraient pas de saumon plus de trois
fois par semaine ~

V. Page 232.

CHAPELLE DU PENITY
Elle est décrite par CAMBRY (Catalogue., p. 16). Cet au­
teur nolis apprend que pendant la Révolution 'elle servit de

poudrière.

VI. . Page 233, ~ IV .
« Le quai de l'Ile était planté .... »
Les arbres que figurent le plan de 1764 ont été abattus

dix ans après, en février 1774. C'étaient des ormeaux: ils -
étaient « sur leur retour » et les tempêtes en faisaient tom-

ber chaque année. L'Intendant pressait la ville de curer
s9n port : elle manqmüt d.:argent; elle vendit 57 pieds
d'arbres à prendre depuis Kerlot jusqu'a la cale Saint­
Jean. La ville les estimait 1,650 livres, les mit aux enchères
à 1,400 livres et en obtint 1,410 livres. (Arch. dép: E. 7.
P.-V. du 14 février 1774, et pièces annexées).

VII. ' Page 237 .
PONT AUX ANGLAIS .

Il existait encore en 1774. Le procès-verbal de la vente
des arbres du quai le mentionne formellement CE. 7. Voir
.~ précédent.) .

VIII. - Page 245, note 37 .

CHENE DE LA LIBERTE.

J'ai dit que cet arbre planté en 1790 était tombé dans
]e cyclone du 3 septembre 1873 Ce renseignement, qui

m'était venu de diverses sources, est erroné. Le chêne est
. toujours debout. On peut le voir juste en face de l'escalier .

IX. .. Page 265.

CONSTRUCTION DE LA ROUTE DU PICHERY

J'ai indiqué la date de 1780 d'après le rapport du subdè­
lègué, de 1781. Il se peut qu'il y ait là une inexactitude. J'ai
sous les yeux le procès-verbal d'adjudication des travaux
à faire. Il est des 29 août et 4 septembre 1772 ; et la pre­
mière condition est que l'ouvrage « commencera quinze

« jours après l'adjudication et devra se continuer sans
« interruption, sous la direction de l'ingénieur David. »

L'entreprise offerte à 4,5JO livres a été adj ugèe à
2,740 livres, le paiement devant avoir lieu pour un· tiers
quand le tiers de l'ouvrage sera fait (Arch. dép. E. 7) .

X. Même page .

PORTE MÉDARD .

.Il Y avait auprès de cette porte une maison dite corps-
de-garde qui, au milieu du dernier siècle, servait au ·loge­
ment des hérau~ts de ville. .
(Réparations faites en vertu de dèlibèration du 17 octo-
bre 1748. Arch. dèp. E. 1). .

XI. ' Page 282.

PRISON DE L'ÉVÊQUE .

J'avais dit, en parlant de BourLibou (p. 242), qu@ l'Evêque

avait eu anciennement une prison auprès du Palais épis-
copal: plus loin, quand j'ai parlé de ce palais, j'aurais dû

mentionner la prison. Ce qui suit aurait dû étre i.ntercalé
avant le dernier alinéa de la page 282 :

La prison de l'Evêque était anciennement située non

dans le manoir épiscopaL, ce qui était rigoureusement inter-:-

dit par les ordonnances, mais dans ses dépendances.
Elle s'appuyait propablerrient contre le mur .de ville, puis­
qu'elle avait au moins une fenêtre donnant sur l'entrée de

rue Neuve; et elle devait être contigüe au manoir épis­

puisqu'eUe était . séparée du jardin par la basse-cour .
copal,
On peut conjecturer qu'elle occupait un emplacement voisin
du pont de l'Évêché; et peut-être comprenait-elle la tour
qui défendait le pont, et qui fut détrùite en 1753. (Voir
.ci -dessus p. 228.) Je puise ces renseignemen ts dans un reçu

du prix des réparations faites à la'la prison en 1645~ et dans
des actes authentiques constatant les baux de la 'prison ,

concédés par l'Évêque de 1627 à 1650. Dans un~ de ces

baux (1649) rÉvêque se réserve « la promenade du jardin
« et des herbes potagères pour sa maison. »
Ce dernier point demande une explication. Aujourd'hui
paie les geôliers, autrefois les geôliers payaient lajerme

de la prison. Le Roi, dans les prisons royales, les seign-eurs,
ne fournissaient que le pain, et le geôlier
dans leurs prisons,
« n'ètait assujetti à fournir que reau. » Les . prisonniers
ajoutaümt ce qu'ils pouvaient à cette maigre pitance, et le
geôlier tirait profit des fournitures qu'il faisait probable­
ment largement payer (1) .
XII. Page 282, dernier alinéa.

LES BOUTIQUES AUTOUR DE LA CATHÉDRALE
L'église qui a précédé la Cathédrale actuelle était, dès le
XIIIe siècle., accostée de boutique~. Nous avons la preuve de
ce fait dans un acte du mois de février 1249, rapporté au
Cartulaire de Sain t-Coren tin. Par cet acte J « Jean, fils
« d'Absalon, clerc, abandonne la boutique ou atelier (edi­
(( ficium seu' operarium) que son père avait bâti contre la
(( façade occidentale de l'église. » (Cart. 56, 21).
Un compte du Chapitre pour les trois années 1655-1656-
1657,. énumère 19 boutiques et donne les noms des 18 loca­
taires et la profession de la plupart d'entr'eux. Ils sont pin-

thier (fabricant ou marchand de pote'rie d'étain), èhaudron-
nier, savetier, sergent,horloger, cordonnier, maçon, peintre,
mercier, et plusieurs sont marchands; mais, quoiqu'on ait
dit, il n'apparait pas que les chanoines ,eussent pour loca-

La . location pour les trois années a
taires des cabaretiers.
tout de 1,140 livres, soit pour chaque année 380 li-
été en

(i) Je ne puis répéter ici ce que j'ai eu l'occasion d'écrire ailleurs à
ce sujet. V. Tombe de Tanguy~ Bull. IX. p. 38 et suiv.

vres. ' Une boutique venait d'être bâtie de neuf én 1655.
(Arch. dép., fonds du Chapitre).

XIII. - Page 283.

STATUE DU ROI GRADLON

En parlant des tours de la cathédrale, comment al-Je
mentionner la statue équestre du roi Gradlon qui,
omis de

en 1~'64, comme aujourd'hui, existait entre les deux tours: .. f

La statue brisée et jetée bas en 1793, a été rétablie après
l'édification des flèches, en 1858.
On sait l'"hommage poétiqne et ~ll:sical que, de temps
immémorial et jusqu'à la fin du siècle dernier, le roi
le jour de sainte Cécile (1). '
Gradlon recevait

XIV. - Page 289, ligne 16. . .

• « .... Lei:) pompiers' du temps. »
Je n'invente rien. Quimper avait des pompes et par con­
séquent des pompiers, en 1764, et même en 1745 et aupa-

ravant.

Le 10 septembre de cette année, la ville mit en adjudica-

tion r entretien des pompes et des200 seaux de cuir employés
à leur service: « L'adjudicataire doit graisser les manches
c ( et ustensiles et seaux quatre fois par an avec de l'huile
« de lin, les réparer et les exercer tous les trois mois,
« enfin les conduire à ses frais en cas d'incendie, à la pre­
« 'mière réquisition de MM. les Juges, Maires et Syndics, etc.»
·Le sieur Gouezou offre de faire ce service pour 110 livres
par an, le sieur Doucin reste adjudicataire pour 85 livres

(1) V. CAMBRY, p. 329, édition de 1836, M. LE MEN, Jlonog. de la
Cath. p. 213, et surtout lettre de DES , août 1752.
BULLETIN ARCHÉOL. DU FINISTÈRE . To~m XII. (Mémoires). '32

« plus l'exemption de la garde, du logement des gens de
« guerre et des fournitures aJ1X casernes. » (1) .
Plus tard, en 1772, la ville a trois pompes ': elle les
entretient elle-même: elle a .cru faire une économie; mais
cette économie coûte trop ,cher: « Pour' une seule fois que

« la ville les a fait graisser en six mois, elle a payé 131.14 s.»
Le Procureur du Roi demande que l'on revienne au
marché. L'adjudication n'est plus possible: personne
ne veut prendre l'entretien des pompes. Elles ont vieilli, les
seaux de cuir aussi; et une des obligations de l'entrepre­
neur sera « de rétablir toutes les coutures des manches et

« des seaux pendant que le~ cuirs seront en état de les
« soutenir. » Enfin, un hom'me de bonne volonté, le sieur
Godard, se charge de l'entretien pour cinq ans, au prix de
80 livres par an et l'exemption des gens de guerre (3 fé­
·vrier 1772). L'Intendant élève le prix à 100 livl'es et sup-
prime l'exemption. .
Le 24 avril 1772, la communauté nomme « Jean Tiblier,
« Paul Jardinier et François Bodoner pour conduire les
« pistons des pompes à incendie. Ils seront tenus de se
« rendre au premier son du tocsin et lors des exercices des
« pompes, moyennant chacun vingt livres par an. » (Arch .
dép. E. 2). .

Page 292, ~ IV.

J'ai écrit: « Pas une seule rue n'a été ouverte dans l'an-

cienne enceinte.. . »
C'est une inadvertance. Sans parler du quai du Stéïr,
trois rues ont été ouvertès en 1845, quand l'église des C01'-
deliers a été abattue et la halle construite, savoir: 12 rue
(1) On trouvera ci-dessous (§XXV) l'explication de ces derniers mots .

du Stéïr au sud de la halle, la rue A stor au nord; et la
rue des HaLles~ entre la halle et la rue Kéréon.

XVI. Page 293.
PRISON DU ROI •
Un arrêt du Conseil du 3 juin 1681 réglant les dépenses
la communauté porte: « il sera payé la somme de 165
la maison servant de prison, à François Baron, ..
livres 'pour
... tant que la mai­
sieur de Kernaffiet, propriétaire d'icelle
servira de prison. »
son
Ainsi, en ]681~ le Roi n'avait pas de prison à lui. (Arch.
dép. E.)

XVII. - P. 295 .
HOSPICE SAINT-ANTOINE
Dans la partie haute' de la ville se voit l'hôpital général,
jour de
dit de Saint-Antoine. Chaque année, le .17 janvier,
la fête du patron, le chapitre venait en procession chanter
une hymne à la chapelle de l'hospice .
En 1758, au cours d'une épidémie apportée par les ma-
rins de l'escadre de M. du Bois de la Motte, l'hospice de­
300 lits furent préparés dans des commu-
vint insuffisant et
nautés (Arch. de l'Evêché).

XVIII . P. 298.'

PLACE ' MAUBERT

C'est sur cette place, au pied de la croix, que se faisaient
par justice. Un procès~verbal
les ventes de meubles saisis
du 6 août 1712 (Arch. dép. E. 7. Arts et métiers) est, sur
ce point, curieux à lire:

L'huissier a donné rendez-vous pour dix heures du matin
à un gardien de meubles saisis. L'huissier arrive à l'heure
dite; mals les meubles n'a,rrivent pas. A six. heures du soir
seulement,· après huit heures d'attente, l'huissier donne
défaut .. Mais n'admirez pas trop sa patience ... Il va faire
payer son temps .. même les heures qu'il a passées à se
réjouir dans les tavernes voisines: et il compte a utaüt de
. "'. vacations que s'il avait vendu les meubles qu'il se_promet ,
. bien de vendre au prochain jour.

XIX. - P. 299 .

IMAGE DE NOTRE-DAME DU GUEODET
. Notre confrère M. Mallen m'apprend que cette statue -a
échappé à la destruction en 1793; et que, lors de la démoli-
tion de la vieille église municipale, elle a été portée à la
chapelle du Collége. On peut la voir dans cette charielle à
gauche, faisant pendant au tombeau qui renferme le cœur

du P. Maunoir .

XX.- P. 299, avant le dernier alinéa.

HORLOGE MUN1CIPALE .

Elle était pbcée au-dessus de la Chambre de viLLe à
Notre-Dame du Guéodet. Elle était entretenue d'abord au

moyen des offrandes pieuses faites à la. chapelle; mais,
vers 1693, ces offrandes avaient cessé et la Communauté
dut payer l'horlogel' sur le pied de trente-six livres pal' an.
La Cour des Comptes admet cette dépense. Les Etats réunis
à Vannes; le 15 septembre 1693, l'admettent à . leur tour' ;
« mais à la, charge que la Communauté fasse agréer la dé­
« pense par Sa Majesté,» La Communauté présente re-
quête au Roi, qui, le 9 juin 1693, en Conseil d'Etat cc ad -

.« met la dépense pour le passé et l'autoris.e pour l'avenir
« à prendre tant sur les deniers patrimoniaux que d'octroi
« appartenant aux habitants. » CE. 7. Comm. de Quimper).
Je rapporte ces détails pour prouver que la minutie admi­
nistrative n'est pas une fleur nouvellement acclimatée sur
la'terre de France.' .

Je n'ai pu savoir si la cloche qui sonnait l'heure au Gu'éo-
det est la même qui sonne entre les deux tours de la ca";
thédrale, derrière la statue du roi Gradlon. Cette cloche

nommée 111arie est d'âge respectable: elle a été fondue
en 1312. (LE MEN, Monogr. de la cath., p. 207 et 208).

XXI. -
Page 301, 2 alinéa.

CHATEAU DE GUY DE THOUARS

On lit dans la transaction passée entre le Comte de
Thouars et l'Évêque en 1209 : que I)Évêque se réserve la
libre et pacifique possession, des eaux traversant la maison
en litige (LOBINEAU, Pro col. 195), c'est-à-dire l'espace
que le comte prétendait occuper comme dépendances de la
maison quîl bâtissait, espace qui est depuis devenu l'enclos
des Cordeliers. Il semble permis d'inférer de ces mots
qu'il y avait, à cette' époque, une dérivation du Stéïr à tra-

vers ce terrain .

Même page, 3 alinéa.

En creusant les fondations de sa maison, le sr Amette
, avait exhumé une grande quantité d'ossements; illes recueil-
lit pieusement et les fit recouvrir de planches en attendant

la décision du Gardien des' CordelIers, alors absent; mais
malgré ces précautions, les travaux exécutés en un lieu qui
trés anciennement avait été cimetière causèrent une vive

émotion; et, le 10 septembre 1744, le Maire, M. Huchet de

Kerourin, se transporta en personne ' sur les lieux assisté
de deux notaires, pour protester, au nom de la Communauté,
({ contre ces excavations pratiquées dans un lieu consacré
« par la religion; entreprisejusqu'ici inouie, sans exemple .. ,
« qui viole toutes les règles divines et humaines .. ,. etc, ))
(Arch. dép. E. 7) (1) .

XXII.-
Page 319, à la note 12,
MOULIN DU DUC
Il existait très-anciennement et certainement avant 1269
puisque cette année même, Guy de Plonévez assignait pour
l~anniversaire d'Hervé de Landeleau 30 sous de rente à
percevoir par le Chapitre « sur les ~moulins du seigneur
Comte, près du pont Médard sur le Téyr. )) Cette rente était
auparavant hypothéquée sur.' un domaine à Coray. (Car­
tulaire du Chapitre 31, 10. 56, 23) .

XXIII. - Page 320,
J'ai compté à tort six 'rues seulement dan8 le faubourg
la Terre-au-Duc. Il en faut ajouter une, la rue Bily,
la Providence. (V. ci-dessùs p. 297 et 307)'.-
aujourd'hui de
Il y a eu à Quimper une famille Bi1y qui a donné au dernier
siècle un maire à la ville .

(1) Le grand intérêt de ce procès-verbal, c'est la description que font
les notaires des écussons qui accostent la porte : à droite les armes de
Bretagne, à gauche les armes de Bretagne et de Thouars écartelées. « En
« dedans sur le pilier de gauche en entrant étaient deux pierres de taille
« jointes ensemble, d'une hauteur de quatre pieds et demi sur deux pieds
« et demi de large, sur lesquelles il y avait dans tout leur plein une
« ancienne écriture gothique» que les notaires n'ont pu déchiffrer. -
Tout cela a été, bien entendu, martelé en 1793.
M. Huchet de Kerourin a été bisaïeul de l'illustre Laennec. Sa fille ·
Jeanne-Catherine? mariée à Michel-Marie-Alexandre Laennec, en 1746,
evint l'année SUIvante mère de Théophile-Marie, père du médecin .

Page 321.
XXIV.
CHAPELLE DE NOTRE-DAME-DU-PARADIS
ete de­
Elle existait encore en 1/92, et elle n'a, dit-on,
l'église, . .
truite que lors de la reconstruction de la tour de
vers 1840. /

Page 386.
XXV.
CASERNES

Les casernes etaient à peine suffisante,s pour loger la
garnison. Les habitants étaient tenus comme aujourd'hui
de loger les troupes de passage; mais ce n'était pas tout:
ils devaient de plus des fournitures aux casernes (1).
U ne curieuse pièce conservée aux Archives du Finistere,
donne sur ce point d'interessants détails. C'est un procès­

verbal dresse par Jacques-Louis Charpentier, conseiller du
Roi, maire de la ville et colonel de ses milices bourgeoises,
contre le sieur Herisey, marchand de draps. Cette pièce
nous révèle que la charge de la fourniture aux Casernes

était assez lourde: ainsi un marchand détaillant de Quimper
était, en 1780, pot-te au rôle des fournitures pour trois
lits aux casernes. Et pendant qu'on « retient ces trois
lits, ) on lui· donne deux soldats à. loger! Il proteste ... et
trop vivement, puisqu'il outrage le Maire ... et, de plus, fOi,t

injustement, puisqu'il lui devait des remercîments. En effet,
des patientes explications que donne le Maire il résulte

que le sieur Herisey était porté au rôle pour quatre

soldats ;- et que lui, Maire, a obtenu à grand'peine que .
ce nombre fût réduit à deux. Nous voilà complètement
édifiés; mais le sieur Herisey ne l'est pas: il injurie

(1) Nous avons vu plus haut le pompier de la . ville réclamer l'exemp­
de cette fourniture. § XIV.
tion

le Maire dans la langue de Ver- Vert; et le magistrat
dresse un procès-verbal . trop bien motivé (E. 7, Aréh.
dép., 20 septembre 1780). .

XXVI.
- Page 3H7 .
MOULIN DE LOCMARIA .

Au Bout du pont, j'ai omis de signaler sur la rive droite -
de l'Odet le moulin dit aujourd'hui Moulin des Couleurs,
parce que depuis cent ans et plus (1762), on y broie les
peintures employées à l'une des usines de Locmaria. En
1762, le sr Caussy, fondateur de la manufacture de Loc-
. maria, devint acquéreur du moulin.
C'était autrefois le moulin banal du prieuct3 de Locmaria .
La prieure avait « coercion sur ses hommes et vassaux
« pour les obl.iger à suivre le distroit du moulin; » mais,
elle ' n'exerçait pas ce droit, et depuis longtemps,
en fait,
était ruiné dès 1679. (Aveu au Roi du
puisque le moulin
7 avril 1679. Arch. dép.)
Le moulin des Couleurs n'est pas de ceux que l'usage du
moulins à mer, dont le réservoir est rempli
pays nomme
par la marée montante. L'etang des Couleurs est alimenté
par le ruisseau descendant du Séminaire et par l'eau déri-
-vée du ruisseau qui fait tourner le moulin de Melgven, sur
ta route de Pont-l'Abbé.

MOULINS DU ROI ET DE L'ÉVÊQUE.
En 1739, la Communauté de ville eut à porter une plainte
contre les deux meuniers du Roi et de l'Évêque .
Le pain coûte, dit la ville, plus cher à Quimper que par­
tout ailleurs. Pourquoi? ... Parce que le pain se fait avec de
la 'farine; et que les deux meuniers empêchent par menaces

de séquestre, procédures, etc., les meuniers, forains de venir
vendre de la farine au marché.
Le 6 février, la Communauté délégue Jean-Hervé Le

Bastard de Mesmeur, son syndic, pour obtenir la répara-
tion de cet abus; et fait approuver sa délibération par

l'Intendan t. '
Pendant que le syndic taille sa plume et rédige sa com­
pendieuse requête au Sénéchal, il lui est révélé u~ bien

autre abus à la charge des deux meuniers .
Ils ne peu vent suffire à moudre et les sacs de blé restent
quelquefois une semaine au moulin, au lieu de trois jours
et trois nuits, d'après la régIe de la coutume (Art. 386).
« Les particuliers s'im patientent: les meuniers leur rendent
_ . « leurs grains, mais après avoir prélevé le prix de la moû-
« ture, un seiziéme par sac; et disent d'un ' petit air aisé:

« J'ai .pris mon droit, prenez le 'vôtre et allez faire moudre
« où vous voudrez. » Soif! ~ais il faut payer encore le
meunier auquel on s'adresserq,: en sorte que « le particu­
» paie deux droits au lieu d'un. « Ce sont, conclut
lier
« M. de Mesmeur, ce sont ces différents manéges qui aug-

( mentent le pl'ix du pain ... »; et il demande justice .
En 1750, un seul 'avaitla ferme des moulins du Roi et de .
l'Evéque (Rôle de -la capitation de cette année).

XXVII. Page 397, 3 alinéa.

Une errem' à relever:

J'ai écrit ... deux lions rampants c'est-à-dire couchés ... ,
~ lisez: c'est-à-diré représentés debout et comme s'élevant
le long d'une rampe.

Noms des rues de Quimper.
La plupart des rues et places de Quimper ont dû être
originairement nommées en langue vulgaire, c'est-à-dire
en breton: Ainsi rue Themer, Deme!' puis Tevel, rue Ké­
l'éon, place Mez-Gloaguen (XIIe, XIII" et XIVe siècles). Dès
XIIIe siècle, nous trouvons quelques-unes de ces dénomi­
nations traduites en latin dans les actes publics: la rue Demer

devient vicus Obscurus; la rue Kéréon, via Sutorum; la
place Mez-Gloaguen, Campus Gloaguen, etc. Mais il est
clair que les noms latins ne furent jamais les noms vul
gaires; et le bottier à la mode au XIIIe siècle, sJil avait­
adressé un prospectus à ses clients, n'aurait pas donné
son adresse via Sutorum.

Il va sans dire que les noms · bretons de nos rues ont
été soumis dans le cours des siècles aux changements
d'orthographe introduits par l'usage-; exemple : la rue
nommée originairement Toul-an-Lazr (Trou du Cuir), du
voisinage des tanneries qui existaient encore à la fin du
dernier siècle; son nom est écrit Toul-al-Laer par le

et il s'écrit aujourd'hui Toul-al-Ler (1).
chanoine Moreau,
D'autres noms en sJaltérant sont devenus méconnaissables:
par exemple, la ruelle an Douar, an Douaric (aveu de
est inscrite sur le plan de 1764 SOll.S le nom
l'Évêque 1682)
de rue Dorée qui n'est assurément pas la traduction de an
Douar. Si nous avions la version latine de an Douar,
nous ne serions pas embarrassés sur le sens de ce vieux
nom
Ceci m'amène à dire que les traductions latines ont eu
. (1.) Quelques personnes traduisent le nom Toul-al-Laer, par Trou du
voleur; mais la forme primitive du nom de la place ne laisse aucun
doute sur le sens.
(2) An Douar mot à mot la Terre. Quelle terre? Question que le
nom breton laisse indécise.

pour nos devanciers et pour nous cet avantage: elles
ont conservé le sens exact des vieux noms bretons. C'est
ainsi que la traduction Campus Gloaguen justifie M. de
de , Blois 'et M. Le Men traduisant Mez- Gloaguen par
Champ de Gloaguen (nom d'homme) et condamne absolu-
ment l'opinion de ceux qui, ' trompés par la ressemblance
fortuite des mots . et peu aimables pour notr~ ville pré­
tendent traduire 111 ez~Gloaguen par au-dessus du Cloaque.
Depuis le XVIe siècle, les noms latins ont été abandonnés,

et les noms bretons sont conservés pour la plupart. C'est ainsi

que la via Sutorum redevient officiellement la rue Kéréon ;
et que le Campus Gloaguen reprend son vieux nom. Quelques

rues cependant ont pris un nom français, par exem'ple, la
rue Obscure. Quant au nom de la vieille rue Viniou .
(XIIe siécle), il avait été traduit en latin par' Vicus Vineœ
(XIIIe siècle); l'Evêque dans son aveu de 1682 écrit en
français: rue de la Vigne. Au commencement du dernier
siècle, un habile homme a cru pouvoir donner une leçon de

latin à l'Évêque: le plan de 1764 porte rue des Vendanges,
traduction maladroite du nom de Vieus Vineœ, nom de
rue ridicule à Quimper, _ et qui cependant subsiste.
Les noms. français des rues ont changé de forme dans'
cours des siècles; mais le .sens primitif est resté: ainsi

la rue de la Chair salée (XIve siècle) est devenue la rue
du Salé (1). La place au Beurre de Pot porte le nom
moins vulgaire de Place au Beurre.
simplifié ' et. un peu
Le nom de rue des Febvres seul a été tranformé mala-

droitement en celui de rue des Orfèvres. ,
Autrefois en beaucoup de villes chaque corps de métier

était cantonné dans sa rue. Cet ancien usage est attesté par
exemple à .Rennes par les vieux noms de rues de la Beau-
(1) C'est commettre une faute d'ortographeque d'écrire rue du Sallé,
comme porte la plaque au coin de la rue. .

drairie., de la Parcheminerie, de la Poulaillerie. De même
des Cordonniers (Kéréon), des
Quimper a eu ses rues
Serruriers ou Febvres (par corruption des Orfèvres ou
OrpheuvT'f~s), de la Chair salée ou du Salé, c'est-à-dire des
Charcutiers. , Ces noms ont survécu à l'usage qui leur
avait donné naissance .
Dès 1750, les cordonniers désertaient la rue Kéréon;
pas un serrurier ne demeurait rue des Febvres; et des
Lardiers exerçant leur industrie dans la Ville-Close,
treize
pas un ne tenait boutique dans la rue du Sa[é (1) .

Mais il n'importe: plus heureuse que la' rue des Ff?bvres
affublée du nom ridicule de Chapeau-Rouge, la rue du Salé
et la rue Kéréon ont gardé leurs noms. Pourquoi pas? ...
La rue Neuve garde bien le sien qui a cessé d'être vrai il
y a plusieurs siècles!
N os vieilles rues restèrent ainsi en paisible possession de
leurs vieux noms jusqu'a la fin du dernier siècle .

A cette époque, notre ville changea son vieux nom de
qu'un mot Quimper­
Quimper-Corentin, dont on ne faisait
tin
corentin et qu'on écrivait par abréviation Quimper ; et
Quimper-sur- Odet. Étant admis que
prit le nom de
Quimper (Kemper) veut dire confluent, cette dénomination
Confluent sur l'Odet était assez bizarre (2). Aux yeux
de quelques citoyens, cette modification dans le nom de la
vieille ville était insuffisante : le nom de Quimp~r, associé

pendant tant de siècles au nom de · son premier Evêque,

a ce contact; les purs du Comité de sur-
s'était souillé

veillance nommèrent leur ville Montag[}e-suT'- Odet; mais,

(1) Je puise ces renseignements dans le rôle de la Capitation de !750?
lmique aux Archives départementales, qui mérite et dont je feraI
pièce,
une étude particulière.
(2) On aurait mieux compris Quimper - Odet, comme Quimperlé
(Kemper-Ellé, confluent de l'Ené.) .

hâtons-nous de le dire, la population de Quimper ne s'est

jamais associée à cette fantaisie. .
Le nom de la ville modifié, plusieurs noms de rues et de
places allaient subir le même sort.
Les places et les rues désignées par les noms de saints
(Saint-Corentin, Saint-François, etc.) devaient naturelle­
ment être débaptisées. Les noms de l'Évêché, des RerJaires,
de la Vie ille- Cohue, des Gentilshomme s., de la Terre-au-Duc
etc. rappelaient l'ancien régime, le « régime barbare, »
comme disàit le Comité de surveilLance; celui de rue du

Collé[]e rappelait les Jésuites fondateurs du collége : ces
noms disparurent.. ... J'ai trouvé ainsi douze noms nou­
veauxsubstituél:; aux anciens.
La substitution des nouveaux noms, vers 1792, la resti­
tution des noms anciens, après 1815, n'ont pu se faire sans
délibérations du Conseil municipal. Or .. chose assez curieuse,
l'une ni l'autre des délibérations n'a laissé de trace aux

registres de la Mairie. J'ai dû chercher des renseignements

dans les actes de ventes rapportés pendant la période ré- ,
volutionnaire, et dans les actes de l'état-civil; mais 'e
n~ose me flatter de ne pas commettre d'omission.
Voici les douze place~ ou rues ayant changé de noms:

Place Saint-Corentin.. . . Place de la République:

ainte-Catherine. .. Rue de la Révolution.
Rue S

Rue Sainte-Thérèse. ... Rue du Champ-de-Bataille.
Saint-François, . . .. Rùe Voltaire.
R ue

Rue Saint-Mathieu . . , . : . Rue du Rossignol.
Place Baint-Mathieu .. " . Place de la Révolution .

Place Terre-au-Duc ....
Place de la Nation.

Rue des Gentilshommes.
Rue de l'Egalité .

Rue de la Vieille-Cohue .
Rue :Mably .
Rue' des Regaire8 .. , ....
.Rue Jean-Jacques-Rousseau .
Rue du Salé ....... . ... . Rue Franklin.

Rue cl u Co !lége ..... • . " ~
R ue des Arts.

Comme on le voit, la rue Saint- !v} athieu reprenait son
rùe du Rossignol. Les mots de, Duc,
nom champêtre de
Gentilshommes, Cohue (du Roi), Regaires, rappelaient un
passé abhorrê; mais ou ne voit pas pourquoi le nom de la
rue du Salé a encouru l'ostracisme. Ce nom n'était pas
et ne sentait pas plus l'ancien régime
plus aristocratique
que les noms de rue des Etaux et Place au Beurre, etc.
qui furent conservés.
Un nom nouveau apparaît : c'est celui de Place du
Firtistère donné à la place que nous nommons à présent
, . Place Neuve. La place venait d'être taillée dans l'ancien
. enclos des Ursulines, le département vf?nait d'être créé:
ils avaient même âge et même origine politique. Le nom

de Place du Finistère rappelait la date de la création de la
place :' il était heureusement trouvé; il valait bien mieux
que le nom de Place Neuve imaginé depuis, quand les
arbres abattus aujourd'hui avaient déjà vieilli.... Mais
c'est ainsi: quand nous ne serons plus, et que trois ou .
quatre générations d'arbres auront passé, la vieille place .
era toujours nommée Place Neuve.... Ainsi le veut la

routine. .

Noms des Rues de Quimper d'après divers documents,
notamment (1) :

Les titres anciens appartenant aux Archives départemen-
tales, à partir du XIIIe siècle. .
Le rentier de Notre-Dame du Guéodet (2). . .' . . 14.77
Le procès-verbal de la Réformation du, domaine

rayaI. . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . .
Le rentier de l'Aumônerie. . . . . . . . . . . .
Les indications du chanoine Moreau (approximati-
ven1ent) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

L'aveu de l'Évêque au l'oi. . . . : . . . . . . .
Le rôle de la capitation. . . . . . . . . . . . .
Le plan de la ville. . . . . . . . . . . . . . ..
et divers documents postérieurs. \
Parc (P. 229).
Place de Brest.
Parc ar Coz.-Ty, i600.
Place de la Mine, :1.825. .
. Parc Costy, 1.7 64.
Rue de l'Hospice (P. 221).
Champ-de-Bataille (P. 229). .
Chemin de Crec'heusen ,i600-1682
Champ de Viarmes, i747.
Chemin des Séminaires, i764.
Champ-de-Bataille, i764.
Place d'Armes, i790 .

• Rue Neuve (P. 223).
Champ-de-Bataille, i79 .
Faubourg de la rue Neuve.
Rue Sainte-Thérèse (P. 230).
Rue des Lavandières, i477.
Rue Sainte-Catherine (P; 227).
Rue des Lavandiers, 1580.
Rue Sainte-Thérèse, i682-i764.
Rue Sainte-Catherine, i764.
'Rue du Champ-de-Bataille, 1792.
. ' Rue de la Révolution, 1792.

(i) Je n'ai pas besoin d'avertir que les dates ci-des~ous n'ont rien d'ab­
solu : il est clair qu'à une époque ou les rues ne portaient pas de plaques
indicatives de leurs noms, plusieurs noms pouvaient être donnés concur­
remment à la même rue. Ainsi, nous trouvons dans le même acte (1.477)
rue Viniou. Beniou et rue de ta Vigne. Faut-il un exemple bien plus près de
nous? .... Les actes 'de l'état-civil de :1.812 disent indifféremment Place
Saint-Corentin ou Place de la 'République, quand le nom officiel est Place
Impériale.
(2) L'écriture du rentier c,Onservé aux Archives départementales est du
XVe siècle : une note ancienne indique la date de 1.477.

Quai d'Odet (P. 234).
Rue des Régales, 1477.
Rue des Regaires, 1580-t764. "
Rive de Quimpercorentin, 1539.
Rue Jean-Jacques-Rousseau, 1792.
QU!li de l'Isle, 1600.
Quai d'Odet, 1764. .
Rue Verdelet (P. 293).
Rue Poulpezron vers le.(bas), 1301.
Rue de l'Évêché (P. 281).
Rne Verderel ou Merderell, 1580 .
Rue des Verdelets, 1764.
Rue Neuve, 1627-1682.

Rue Neuve, 1764.
Rue Royale (P. 293).
Place de la Mairie (P. 283).
Vicus Themer, 121. 9.
Vicus Obscurus, 1326.
Château de Saint-Corentin (Cas-
Rue Demer ou Tevel '(en breton).
trum sancti Chorentini) , 1278).
'. Rue Obs.cure, 1682-1764.
Tour du Châtel, 1539-1600.
Royale (après sa reconstruction),
Place Saint-Corentin, i 7 64.
Place de la République, 1792.
Nationale, 1848.
Place Impériale, Premier Empire.
Impériale, 1.852 .

Royale, 1870. .
Rue du Guéodet (P. 292).
Rue Tourby (partie haute).
Rue Notre-Dame de la Cité ou rue
. Rue de Kerfeunteun (P. 261).
de la Cité, 1477. Beata ilfaria de
CIVILATE.
Rue Briac ou Briziac (de Briec), '
Rue du Guéodet (en breton).
en dehors de la porte Bihan et jus­
t;hemin qui descend â l'église
qu'au
de Kerfeunteun, 1682.
Rue du Frout (P. 292) .
Nommée aussi au .dernier siècle
Rue du Salé (P. 294) .
rue du Charitre.
Rue des Merciers, XIIIe siècle.
Rue du Marché de la Chair salée,
Rue de la Mairie, placd et rue

Toul-aI-LeI" (P.
Rue de la Chair salée, 1682 .
Rue Toul-an-Lazre, 1477.
Rue du Salé, 1764 .

Rue Toul-al-Lazre, 1580.
Rue Francklin, 1792 .
Rue Toul-ai-Laer, 1600 .
Rue du Salé, 1816.
Place de l'Equerre, 1764. . ,
Rue Poulpezron, partie voisine
Place au Beune (P. 294).
de la rue Verdelet, 1301 (1).
Rue Treui (traverse), partie al­
Place aux Ruches, 1580.
la rue du Frout et des Re­
lant vers
Place au Beurre de pot, i 7 64.

gaires, 1682.
Marché au Beurre, 1792.

Rue des Regaires CP. 284) .
Rue du Collége CP. 294).
Rue Ralwer (en breton), 1239.
Rue aux Ruches (?) .••

(1) Est-ce cet endroit que le rentier de Notre-Dame du Guéodet (1477)
nomme Poulcoffou ? . . . ' ' .

Rue de l'Égalité, 1792.
Rue des Jésuites, 1750.
Rue des Gentilshommes, 1816.
Rue du Collége, 1.764.
Rue des Arts, 1.792.
Rue du Collége, 181.5.
Rue des Boucheries (P. 297).

Via Stallorum camiurn, 1284.
Rue des Vendanges (P. 296).

Via Stallorurn, 1348.
. Rue. Viniou, Biniou, Beniou, Ben­
Rue des ,,-,taux, 1489.
mou, XIIIe siècle.
Rue des Boucheries, 1.8 .. "
Vicus Vineœ, XIIIe siècle.

Rue de la Vigne ou Viniou, 1.477-
1682-1750. Rue Kéréon Cp. 97).
Rue des Vendanges, 1764.
Vicus M'agnu,<; , ( 137l
Rue des Vignes, 1792.

Rue Meur (grap,de rue) \
Rue des Vendanges, 1816.
(Vers le haut ': entre la porte et la
place Maubert) :
Place Mezgloaguen (P. 295).

Rue Porz-Men.
Porta Lapid~a (c'est-à-dire Porte
Campus GloCtguen . ou Gloeguene'
de pierre .
en breton M'ez-GtoCtguen, 1349-1764·
(Plus . :

Place
Rue Mezgloaguen (P. 295).
Platea herbarurn (Place ou Marché
Via StCtllorurn cCtrnium, 1284. (Rue
aux Légumes), 1415.

des étaux à exposer la viande).
Place Maubert, 1477-1600.
Plus tard ,Via StCtllorurn, 1348.
Rue aux Poireaux 1729.
Rue des Etaux, 1.489.
Place Maubert, 1750-1764.
Rue Mezgloaguen, 1.539-1764 (le
(Au-delà) :
nom de rue des Etaux est alors ré­
Via Sntorurn, XIIIe siècle .
au bas de la rUf~).
. servé
(rue des Cordonniers).
RueKéréon

Rue Le Normand (P. 296).
,Rue Saint-François (P. 297) .
Rue des Boucheries, 1682-1764.
Rue des Frères Mineurs ou des
Cordeliers,
Rue Saint-Nicolas (P. 296).

Rue Saint-François, 1.764.
Rue Voltaire, 1792.
Rue Viniou en 1489-1.580.
Rue Saint-François, 1816.
Rue Vily où Bily, 1682-1.764.
Anciennement la rue Viniou com-
mençait place Médard, se continuait
Place Médard (P. 298).
par la rue Saint-Nicolas, contournait
la place Mez-Gloaguen et se conti­
Place Médard, 17~4-1792.
des Vendanges actuelle;
nuait rue
plus tard, cette dernière partie de la
Place Terre-au-Duc (P. 319).
voie a seule retenu le nom de rue
Viniou on de la Vigne.
Place des LCtbonreul'S locatifs (par­
tie de la place voisine de la rue des
Rue des Gentilshommes,
Febvres); le reste: Place Terre-au- /

Duc, 1.539. ,
Place de la Nation, 1792.
Rue des Gentilshommes, 1750-
Place Terre-au-Duc, 1816.

BULLETIN ARCHÉOL. DU FINISTÈRE. TOl\Œ X.II. (Mémoires). 33

Rue du Chapeau-Rouge
Place du Finistère (à .la création),

Place Neuve, vers 1810.
Rue de la Herse; (au voisinage de
la porte Médard), 1.539-1.750.
Rue Vis (P. 322).
Rue des Febvres, :1580.
Rue des Orfèvres, 1.764.
Rue du Vix, 1.4,77.
Rue du Chapeau-Rouge, 1.780.
Rue du Vice ou du Vicze,

Rue- Orfèvre et rue du Chapeau-
Rue Saint-Jean, 1.600.
Rouge, 1792.
Rue Vis, 1.750-1764 .
. Rue Saint-Mathieu (P. 321).
Rue Laennec (P. 3~2) .

RUE\) dUI ~ossignol, 1539,
Rue de la Vieille-Cohu,e, 1539.
Rue Mably, 1.792.
Rue Saint-Mathieu, 1767.
Rue de la Vieille-Cohue, 1814.
Rue du Rossignol, 1792.
Rue Laennec, 1868.

Rue Saint-Mathieu, 181.6.

Rue du Quai Cp. 324). ,
Place Saint-Mathieu (p, 321),'

Rue de la Rive (du pont d'Odet à
Rue'}Tronjlis (devant l'église de
la rue de la Vieille-Cohue), 1..539.
Saint-Mahé), 1.477. ' ' ,
Rue du Sel (de ce poin,tau pont
Place Saint-Mathieu, 1592-1764,.
Médard en traversant la place), 1539.
Place de la Révolution, 1792.
Rue du Sel et du Quai, 1764. (De
Place Saint-Mathieu, .1816 .
la place Terre - au - Duc a u pont
d'Odet.
Rue Saint-Mathieu prolongée
Rue du Sel (indifféremment) et rue
du Quai, 1.792. ,
Rue Porz-Mahé (contournant la
Rue de la Providence.
place Neuve actuelle jusqu'à l'entrée
RueBily on Vily, l539, 1580,
de la rue de Bourlibou), 1539-1764.
Rue des Capucins (vers le haut de
la place), 1750.
, Les rues du Palais, de Douarne­
des Halles, Astor, duStéïr, le
nez,
Pla'ce Neuve.
quai du Stéïr, le boulevard d'Odet èt
Maêsminic'hi ou lVIesminihy, 1:337- la rue de Brest sont des créations
1477. nom primitif n'a pas
nouvelles. Leur
Enclos des Ursulines, 1621. . changé.

Poùr terminer cette étude des rues de Quimper, rappelons
numérotage des maisons a été introduit en notre
que le
ville en 1766 (1) .. Ce numérotage ne fut pas établi par rue,
selon l'usage actuel, ni par paroisses" comme aut fois en
d'autres villes, ni par quartiers: il était unique t général
pour toute la ville .

Voici comment j'ai fait cette petite découverte. Les actes
de l'état-civil indiquent depuis quelques années seulement
les numéros des maisons où sont survenus les naissan­
ces ou les décès. En l'absence de ce renseignement, j'ai dû

rechercher sur les registres de PEnregistrement la mention
baux et des ventes de maisons. ' .
des
J'ai pu, d,e 1809 à 1812, relever une vingtaine de numéros
se rapportant à un nombre à peu près égal de rues. D'autres
mentions d'enregist~?ement assez nombreuses ne me don­
naient pas les numéros, mais elles me renvoyaient aux

actes des notaires: f ai pu en consulter une vingtaine, et
ils m'ont fourni onze numéros.
Or de ces ü;'ente-et-un numéros pas un ne se répète: ils
forment de proche en proche les chiffres d'une série uni-

que, qui commence dans l'ancienfiefde l'Evêque et se con-
tinue dans la Terre-au-Duc. Chacun de ces chiffres jalonne
pour nous le chemin qu'a . suivi l'officier commis au numé­
rotage, en 1766.
est parti de la place Saint-Corentin, par la rue Kéréon,
est descendu dans la rue Saint-François, puis, remon-

tant vers lI-1ezgloaguen, il a parcouru toutes les rues de la
Ville-Close, en' commençant par la rue d~s Etau;c, pour.
par la rue du Prout; puis il a passé le pont de Sainte-
finir

(1) M. DE BLOIS. Dicf. d'Ogée. II, p. 41.6. VO Quimper. Les nûméros

étaient inscrits sur des planchettes de chêne. .
Cependant des titres du milieu du XVIIe siècle indiquent des maisons
par un numéro. Ainsi: la maison aujourd'hui n° ~ de la place Terre­
est dite la 32 maison. Y aurait-il eu,à cette époque,un premier
au-Duc
essai de numérotage ? ••.

Catherine, pour numéroter le faubourg; enfin, franchissant
le Stéïr, il a numéroté la Place Terre-au-Duc d'abord

puis, faisant le tour par la rue du Quai et le Quai, il a
numéroté toutes les rues de cet ancien faubourg en finissant
par la rue du Chapeau-Rouge actuelle. .
Les numéros que rai pu relever dans l'ancien fief de
l'Eoéque sont compris entre 28 et 496; ceux relevés dans
la Terre-au-Duc sont compris entre 541 et 713 (1 ) .
Du reste, l'officier n'a pas pris le soin de ranger comme
aujourd'hui les numéros pairs d'un . côté, impairs de l'autre.
Ainsi, il numérote 558 la maison aujourd'hui numéro 1 de
la rue Laennec (une de celles où l'on fait mal à propos
naître Laennec); puis traversant la rue il donne le n° 559 à .
la maison vis à vis, aujoued'hui n° 3, rue du Quai (2) : plus
la rue n'est bàtie que d'un côté et les maisons porten t
loin,
nOS 272, 273 (maison natale de Laennec), 274 et ainsi de
les
suite sur le Quai.

Cet ancien numérotage, quelque incommode qu'il fût, sub­
sistait encore en 1812, comme on vient de le voie. Si je
suis bien informé, c'est vers 1820 seulement qu'il fut rem­
placé par un autre, analogue à celui qui est en usage aujour­
d'hui. Nombre de maisons. portent encore le numéro peint
sur le mur à cette époque,' auprès du numéro actuel peint

sur une plaque vernie.
J. TREVEDY,
Ancien Président du Tribunal éivil,
Vice-Président de la Société archéologique du .Finistère. .

(1) Il ne faudrait pas conclure de la que, en 1.812, ni même en 1766,
il n'y eut que 71.3 maisons a Quimper. 71.3 n'est peut-être pas le plus
haut chiffre du numérotage établi en 1766. Depuis cette époque, des
maisons avaient été bâties, et, d'après la méth9de suivie, elles avaient dû
prendre un numéro bis. . Quimper comptait en 1882, 1,41.5 propriétés
bâties; mais ce chiffre comprend non-seulement les édifices situés sur
la rue et portant :un numéro, mais encore les magasins, hangars, etc.,
• dans les cours des maisons. .
(2) On peut voir encore le nO 559 inscrit sur le linteau de la porte; et
'acte de vente de la maison par M. Jean-Baptiste Cropp a M. Lamaire,
de l'Empire, confirme cette indication (1.81.0) .
baron