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Bulletin SAF 1883


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Notes archéologiques sur le Cap-Sizun, avec indication des endroits à explorer

G. Fischer

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RCH1:~OLOGIQUES · SUR LE CAP-SIZUN AVEC INDWA­

M. LE CARGUET,
TION DES ENDROITS A EXPLORER, PAR
PERCEPTEUR DU CANTON D'AuDIERNE.

Commune de Goulien. 1 Pare-Douar-dû, à 100 mett'es
nord-ouest' de Kerguerriec, substructions; . fusaïolle en os
et poteries brunes;
2- An Dal.eJh, qom donné par une ancienne déClaration
(l,U camp signalé par ·M. Flagelle, q,u bourg. Contre le re-
tranchement nord, a l'intérieur, le propriétaire a teouvé de
grandes pierres et des poteries blanches. .
Commune de Cléden-Cap-Sizun. 1 A PaJ'e-Coz, à l'ouest
de Penharn, dolmen a demi renvel'sé ;
2° Chapelle détruite de saint Guénolé, à Lanzulien, ayant,
dit-on, appartenu aux Templiers (ManaehJed-Rû). La.
fontaine du saint existe encore:
3° Au même lieu, Pal>e-an-Id-dû,J champ ainsi appelé,
non parce que l'on y semait du blé noir ou sarrazin, mais '
'parce que le blé qu'il produisait, maudit, .à cause des crimes .
des Templiers, devenait noir, roussi;

4° Oppidum de Troguer, à la pointe de Saint-They.

Le Moguer- Greghi, muraille en petit appareil, démontre

l'occupation romaine. Les clôtures des chl1rnps, faites 9vec
les mêmes matériaux, leurs parallélogrammes réguliers,
occupant une va.ste éte,ndue, les mouvements des terres~
]a position même du camp, où aboutissent deux voies

)'omaines, indiquent l'importance de cet établissement.
Objets trouvés au pied du klo[Juer-Greghi: tuiles à
rebords; poteries fines provenant de plusieurs vases diffé­
rents et mêlées à une grande quantité de valves d'huitres ;

une fibule en or, offerte aM. l'abbé Y ven, de Plogoff, e t
disparue; deux statuettes en bronze, dont l'une se trou ve

RULI.F:TIN DE J.A Soc, AnCf({.',Or .• J U F'" 1'0 v
" - ) . f.,IST"!.lI~. - - )lE ;\ ..

au musée de Clllny, et l'autl'ü entl'e les mains de M. l'abbé
IVfal'chant, à Cléden. Récemment, on en a tJ'ouvé une autre,

brisée) qui a été ,donnée à M. Sauvé (1) ;
5° Dans la chapelle de Saint-They, statue en albâtre avec

bas-reliefs . représentant des personnages du moyen-âge~
trouvée dans les filets d'un pêcheur) au passage du Raz. On
en a fait récemment un saint Sébastien. .
Commune de Plogoff. 1 ° A Pare-an-Heïek, entra Ke1'-

herneau et l'étang des Trépassés) débris de vase en poterie
rouge, s'effritant .

2° Petite motte détruÏte, â 100 mètres aLl sud du séma-
phore de la pointe du Raz;

3° Trois villages détruits, entre Kerherneau et Feunteun-
Aôt: 1{ermcU/', au sud-est du moulin de Kerherneau et à
50 mètres du cherr.in de grande communication; Cotie.6

Coz- Tie,?;? au sud-ouest de Pendreff, au bord de la mer;
Kereign, à 200 mètres au nord-ouest de Cotiez.
NOTA. La plupart des tumulus signalés par M. Fla-
gelle .. à Plogoff, paraissent intacts.

Commune d'Esquibien.· 1° A T,'èaz-Goarem) voûte en
cintre surbaissé et petit appareil allongé, abritant la.fon­
taine de saint Onneau, ensablée de près de 4 mètres et de
construction plus ancienne que cette fontaine;

2° Voie et occupation r'omaines, dans la partie nord du
Trèaz-Goarem, entre le Kannaëk et le moulin de Custrein:,

visibles seulement après qu'une te~npête en fi, déblayé les
sables. Poterie samienne (~), avec le cachet du faber
C 1 N VS MI : M ' ;' tenon d'amphore; poterie onc­
tueuse grisâtre et monnaie du moyen-âge;

3° Au Cannaëk, carrière du Trèaz-Goarem, sépultures de
l'époque 'mégalithique, en maçonnerie; cercueils en pier-

(1.) Premier commis à la direction des douanes) à Brest .

l'es et squelettes, occupant un mème espace et formant une
suite de tertres. L'un de ces tumulus, de 4 mètres, explOl'é
le 7 mars 1882, a . donné, pour la part je su~-ouest: osse­
men ts; poteries sans caractère; pierres entaillées pour
filets; monnaie du moyen· âge; tige cannelée en fer ; pierres
bl'ùlées; galets brisés; cendres.; percuteurs ; '. molettes; un
fl'ag de bronze; un squelette d'adulte, couché sur le
ment
flanc droit, direction nord-ouest-sud-est, la tète à l'ouest.
Ces. objets se .trouvaient dan la mème couche de sable,

mêlée de tene. .
Dans la partie nord-est, a un niveau inférieur-, se trouvait
une tombelle fem1ée de quatl.'e pierres ü\.iIlées, dont l'ab-
sence du couvercle i ndiq uai t la violation. .

Dil-ectioll est-ouest: Longueur intér·ieure.

Largeur., bout ouest.

bout est . .
Profondeur. . . ' . .. » 65
Cette sépulture contenait pèle-mèle: des cendres, des
galets fragmentés, des pierres brùlées, des poteries onc- .
tueuses, etc .
(,Dans une lande, a 500 mètees sud-ouest du bourg de .
Plouhinec, on trouve plusieurs cercueils semblables, à
fleur du sol). .

. A 60 mètres au E?ud du précédent., les carriers ont décou­
vert et détruit, en mai 1882, un tombeau en grossière
maçon~1erie, l'enfermant de la terre noire avec traces de
phosphates, des ossements, une meule brisée, une molette,
'des piefl'es brisées, des galets fragmentés, une pierre plate,
ayant 0 m,. 25 de large, ayant au milieu un sillon creusé par
usure, comme pour l'affutao'e des celtœ une hache en '

diori te.

Les fouilles comme.ncées par M. Grenot, au Iümnaëk) il
serait bien important de les continuer, vu les objets mis à
nu tous les jours et perdus par les carriers; .

4° Au Sugensou, substructions d'un château dominant le
Go~;en. L[l légende y cache . une barrique d'or et deux
barriques d'argent. Dans un fossé avoisinant. l'on a trouvé
un grand vase rempli de feuilles de chêne et recouvert
d'une pierre.

Commune de Pont-Croix. ' A 1(ervénennec, à 300 mètres
au nord-ouest de Sugensou, Ca,hlP avee douve de 2 mètres,

'traversé par l'ancienne route d'Audierne. Nombreux débris

de briques, poteries, tuiles à rebords, verres irisés, etc.,
couvrant . le so!. Des substructions entravent les labours
dans la partie ouest. C'est lm établissement romain (~onsi-
dérable, attribué, par les riverains, aux Templiers et,
d'après la tradition, détruit par le feu. Deux des nombreuses
parcelles qu'il occupe s'appellent Toul- Tan (Trou de feu)
n0 ·175 et 176) et peuvent ainsi justifier cette
(section A,
tradition.
Dans un chalilp voisin) trois gros gallets disposés en

triangle. . .

Commune d'Audierne. 1 ° Toul-Ko"riquec~, sur la mon-

tagne de Roz-Criben, à 150 mètres au nord du moulin qui
. domine la ville et le port, tumulus de 15 à 20 mètres de
rasé .. et contenant, dans la partie sud, une allée
diamètre,
couverte, composée de 4 grands dolmens, norcl-.est-sud-
ouest, clont 3 tables de 2 m. 40 à 3 mètres existent. Les

soutiens de ces dolmens, ayant de 1 m. 50 à 1 m. 70 de
hauteur, sont rejointoyés par une maçonnerie. Dans la par-
tie nord du tumulus se trouvent deux lignes de maçonnerie

parallèles à la galerie, soutenant, au bout ouest, une table
10 et se terminant, à l'est, par un tertre. Entre ce
de 3 m.
tertre et le premier dolmen de hl. galerie, l'on voit un peul­
ven brisé.
L'8)~.ploration de l'allée couverte faite, par M .. du Châ­
tellier, en mai 1882, a donné quelques cristaux de quartz,

des molettes brisées, deux meules dont rune amincie à
l'usaae et un vase ornementé à l'angle.

Le dolmen isolé contenaIt quelques poterIes onctueuses,
un fragment de meule, un percuteur et une grande quantité
de petits cailloux roulés, bruns, de 0 m. 02 à 0 m. 05. La
couche incinérée de ce dolmen sem~le se continuer jus-
qu'au tertre non exploré.
A 100 métres sud-est, les défrichement~ ont fait dè~ou-
vrir des cercueils en pierres, avec ossemelits et poteries;
20 Au Môle, ruines romaines, recouvertes par les déblais .
de l'usine de MM. Loual'n et Herpe. Elles ont été plusieurs

M. Le Men. ' .
fois signalées, principalement par
30 A Ke-rgadec, village situé à 400 métres à l'ouest du
maçonnerie de 1 m. 80 sur 1 m. 20, ren-
môle, sépulture .en

fel'mant des ossements d'hommes et d'animaux, des poteries

rouges onctueuses, des percutèurs, des quartz blancs rou-
lés, des galets brisés ; la couche incinérée contenait des
charbons, des traces de fer et des écailles de poissons, en
un lit assez épais et une meule en g:ranit taillé, quadran­
gulaire. Les .quatre côtés de cette pierre présentaient, au

milieu, un sillon vertical et les arêtes, arrondies, étaien t
rendues saillantes par des encoches. Les deux faces étaient
percées d'un trou rond, large de 0 m. 12 à 0 m. 15 et pro-
o fond de 0 m. 06" pour recevoir ·la molette. Cette molette en
geanit, de 0 m. 40 de longueur, s'y adaptait exactement. '
A 8 mètres à l'est de cette sépulture, cuvette creusée
perpendiculairement dans le tuf et contenant de la teI~re
noire et dès valves de patelles. Elle avait un diamètre
supérieur .de 0 m. 60, inférieurement elle mesurait 0 m. 25

et sa profondeur .était de 1 m. 10; .
4° A 120 mètres nord-est de Kermabon, lec'h régulière­
ment taillé, trouvé en avril 1882, à la profondeur d'un fer
de bêche, au milieu d'un champ labouré. Ce lec'h repré­
sente un tronc de pyramide octogonale de 1 m. 40 de hau-

teur, dont quatre faces latérales sont ele dimensions moitié
moindres que les quatre autres et alternant avee elles. Le
polygone qui en forme la base présente les elimens,ion s
suivantes:

Les quatre pétits côtés.
Om. 20 c.
Les grands côtés. . . .
Les diamètres . , . . . o 73 et 0 m. (38.
, Le polygone du sommet a pour diamètre 0 m. 40 et pour
cotés 0 m. 22 et 0 m. 11.
Ce monument était isolé, sans soubassement, et couché
dansJa direction nord-est-sud-ouest.
En somme) toute ('ette région est curieuse à explorer et
la terre y doit recèle j' des irésors archéologiques d'une im-
portance réelle. .

Réception d'un Sénéchal, en 1754.

« Vu pal' les gens tenants le siège presidjal de Quimper
la requête prèsentee par Mre Hervé Le Coat, sieur de Ker­
véO'uen, avocat à la Cour,' tend ante par icelle à ce qu'il

plait au Siège voir y joint le mandat des états et offices de
sénéchal, alloué et lieutenant de la jurisdiction ~et chatel­
lenie de Daoulas, en date du dix-neuff de ce mois luy octroyé
pal' Louis-Marie-Bretagne-Dominique de Rohan-Chabot,
duc de Rohan, pair de France, seigneùr de ladite jurisdic­
tion et. y ayantéo'ard recevoir ledit. Le Coat à faireinfor-

mation 'de ses vie et' mœurs, en . conséquence le recevoir à
faü'e et exercer les fonctions de sénéchal,alloué, et lieute­
nant de la jurisdiction et chàtellenie de Daoulas ... confort
mément audit mandat) offrant de prêter serment) ladite
l'eq uête signée Kervéguen Le Coat, .avocat, et Le Bris,

procureur. Répondue le vingt-neuff du mois qu'on fasse
information de vie et mœurs) l'information faite en consé­
quence) le même jour) composée de trois témoins ... ce soit
an procureur du Roy au Pied; vu aussi ledit
. communiqué
mandat signé: Louis M. B. D. de Rohan-Chabot) duc de
Rohan, et plus bas par Monseigneur signé Bolle) scellé du
~ccau des armes dudit seigneur duc de Rohan, Et Sur le
tout les conclusions du procureur du Roy) de ce jour
meurement considéré)
LE SIf.:GE) après qu'e ledit Le Coat de Kervéguen a été
interrogé en la CharYl,bre du Conseil, pal' maîtres Livec et
Legoa.zre, conseillers, l'a reçu et admis dans l'ex~rciée de
l'office de sénéchal' de la jurisdiction et. chatellenie de
Daoulas) conformement à son mandat) ordonne qu'il se
présentera à l'audiance publique de ce jour pour l)rêter

serment en ladite qualité et que son mandat sera enregistré
au greffe, pour y avoir recours au besoin. Fait et arrêté en

la Chambee du Conseil, au rappol't du Sénéchal et premier
. Magistrat de Cornouaille, ce jour trante Mars mil sept cent
cinquante-q uatre.
HERVIEU.
GUEsnoN,
G. DE SlLGUY, t
Juge criminel.
Sénéchal.

LEGOAZRE;
J ean:-François LEFORESTIER.
FRQLLO.
LE DALL. G. LE LIVEC.
DE LÉCLUSE.
A cette pièce sont jointes deux autres:
1 Une c( information de bonne vie et mœurs, de catholi­
cc cité et apostolicité et de capaeité », faite par Gabriel de
Silguy, sénéehal au siège présidial de Quimper, et dans
laquelle ont été entendus trois témoins, qui sont: Louis
Caugant, prêtre, curé d'office de Saint-Julien ; maître

Le Cocq, sieur de Maisonmeur, avocat au Parlement, et
Yves-Marie Royou; sieur de Kerliézec, avocat à la Cour .
2 La supplique du postulant, demandant à Messieurs les
juges présidiaux de Quimper de vouloil' bien le recevoit' à
faire et exercer les fonctions de sénéchal, alloué et lieu­
tenant de la juridiction et. chatellenie de Daoulas, confor­
n1ément au mandat à lui décel'né par le duc de Rohan-

'Chabot.

Le procureur du Roy, Blanchard, conclut à la réception
dl~ candidat et à l'enregistl'ement de son mandat au Greffe .
(Extrait des Archives elu Finisfèl'e) .

SEANCE DU 17 FEVRIER 1883,

Présidence de M. le Vic,omte HERSART DE LA VILLEMARQUÉ

MEMBRE DE L'INSTITUT
Assistaient à la réunion : MM, Fougeray, Vesco,
Le Maigre, Fischer, Faty, Serret, Malen, Bourassin,
Le Carguet, Maillot, Trévédy, ,Le Covec, Luzel, Au-
dran et de Blois, '

Depuis la dernière réunion} M. le J;>résident a reçu
une lettre du :\iinistère de l'Instru,ction publique, qui
annonce la prochaine ouverture du congrès annuel .de
la Sorbonne pour 1883 et invite chaque société savante
à lui faire, connaître, sans retard, les noms Jes mem­

bres qui se proposent de venir à Paris prendre part
aux travaux du congrès. .
Sont délégués: MM. Audran, Serret, Vesco et Har- '
douïn.

Homma'ge et envoi de divers ouvrages quj seront
deposés dans la bibliothèque 'de la Société:
Bulletz'nde la Soczeté bretonne de géo,qraphz'e de Lorient;
des Travaux hzstoriques et Bulletin du
Répertm're

Com'ité des travaux historz'ques;

. Journal des Savants; ,
His/oz're des reUgz'ons} publz'catz'on du musée Gu z'met}

de Lyon.
Présentation et admission de nouveaux sociétaires:
MM. Auguste Chancerelle, à Douarnenez, par MM. Ser­
ret , et de Blois; , PauÎ Bolloré} ,capitaine-commandant,
par MM. Faty et Alexandre Bolloré ; Le JoIlec, maire
de Lothey, par MM. Malen et Luzel ;' Quellenec, ingé-
BULI.EI'IN DE LA Soc. , ARCHF.OL. DU FINISTÈRE. ' , TOlU~ X

nieur des ponts et chaussées,. par MM. Vesco et Luzel ;
du Laz, par MM. Trévédy et Fénoux; .
le vicomte Jégou
Emile .De Lécluse, à Audierne, par MM. Trévédy et

Du Perray .
M. Le Maigre, trésorier, :expose la situation finan­
la Société,durant le dernierexercice,et annonce
cière de
avec une satisfaction unanimement partagée. que l'ex·
cédant des recettes sur ,les dépens'es laisse en caisse
un reliquat de 2,105 fr. 17 c.
Mais pour àrriver à ce chiffre, il a fallu porter en

recette un mandat de 500 francs délivré par le Minis-
tère de 1'Instruction publique. Or, la commission du
musée ethnographique revendique cette somme,qu'elle
regarde comme destinée à subvenir aux frais de la
galerie des costumes bretons.
Il est donné lecture de la lettre ministérielle, du 7 juil-
let 1882, à notre Pr~sident, portant textuelÏement:
( J'ai l'honneur de vous annoncer que je viens de pres-

( crire, au nom' de la Société archéologique du Finis-
( tère, l'ordonnancement d'une somme de 500 francs,
( à titre d'encouragement pour ses travaux. ))

.Après cette l.ecture, les membres présent.s à cette -

réunion votent à l'unanimité l'inscription de la somme
de 500 francs au budget de la Société archéologique. ,
. Une commission chargée du rapport sur les comptes
et composée de MM. le major Faty, Malen
du Trésorier,
et Trevédy est d'ailleurs nommée; elle aura occasion
revenir ~ la question en litig~ .

M. Le Carguet signale dans les environs d'Audierne
plusieurs vestiges d'établissements anciens l~emontant
probablement à la période gallo-romaine on même an-

térieure; une exploration plus méthodique que celle
commencée jad-is pa~' M. Grenot mènerait probable­
à de 'curieuses découvertes. ' M. Yesco propose de
ment
consacrer à ces fouilles et à ct?autres encore les fonds
libres de la ca.isse de la Société. On décide que la

prochaine séance.
M. Audran s'est occupé du Catalogue du Ml!§ée.
Mlle Le Men~ qui en il ~ntrepris la ré~action, a presque
pans le courant du mois, de mars,
terminé son œuvre.

le manuscrit sera livré à l'imprimeur. Il est peut-être
de décrire les objets par vitrine,
regrettable qu'au lieu
Mlle Le Men les ait disposés par époque. Ce mode de
classification, beaucoup plus savant, a l'inconvénient de
rendre les recherches difficiles dans le Musée et de
faire ainsi perdre aux visiteurs un temps sou vent fort
limité. '
M. Trévédy demande des nouvelles d'un Recueil de
de documents tjrés des
fac-simile héliographiques
Archives des déparlements, auquel le Coilseil général
a souscrit pour le Musée, et qui ne s'y trouve pas;
,il serait désirable .qu 'il y rentrât, le plus tôt possible.
M. le President) reprenant la suite de l'ordre du jour
de la séance, donne successivement la parole à
M. Trévédy pour achever la lecture de son mémoire
sur le fief'de Pratanras, ' '

Puis à M. Fischer,pour la lecture d'un travail intitulé
Recherches sur l'origine de certains caractè~es lai.ssés
par une influence étrangère à Cap-CavaI (Penmarc'h).
Ces deux mémoires seront imprimés au Bulletin de la
Société: ' . . .
La séance est levée à 5 heures.

, Le Secrétaire,

Y te DE BLOIS .

RECHERCHES ·SUR L'ORIGINE DE CARACTERES LAISSES PAR

UNE INFLUENCE ÉTRANGÈRE D-!\NS LA RÉGION DU CAP-CAVAL

(PENMARC'H) .

Tous les étrangers doués de quelque pénétration ou
tant soit peu observateurs, sont frappés de l'homogé­
néité conservée en Bretagne,. dans certains milieux s'éten­
dant à plusieurs bourgs. On sait que ce n'est pas seule­
ment par le costume, relativement moderne, que ces divers
distinguent les uns des autres, mais plus encore
groupes se
par la physionomie des individus: leur caractère physique,
la construction anatomique dominante dans des régions '

. très-déterminées, font naître la pensée que ces mêmes

individus semblent provenir d'agglomérations ' point ou peu
altérées par les mélanges. Ces caractères sont quelquefois
tranchés, que ron paraît être en présence œune
tellement
famille ou même d'une race qui se serait développée sur un
territoire limité, ou seulement groupée dàns un intérêt
commun de sécurîté, par des causes faciles encore àrecon-
naître, soit de position géographique ou autres, et sur des
duquel' on trouve encore la trace des hostilités
limites
très violentes que l'on 'sait avoir existé entre les
souvent
habitants' de notre territoire ayant une origine différente.
Il y a dans le Finistère plusieurs de ces agglomération~
qui- n~éritent, à mes yeux , 'une attention et une étudè spé­
comme noyau ou influence étrangère. Je ne veux
ciales

m'occuper que d'une seule, ici, qui frappe particulière-
ment . l'observateur par sa physionomie tranchée, (les
gens de la région de Penmarc'h), au point, que l'on peut

se demander, à première vue, si on n'est pas en présence

d'un fragment de race étrangère à l'Europe, qui ne serait ·
point venue par la voie de terre, comme ces migrations
primitîves poussées les unes par les autres, mais-par la voie
de mer, et s'y serait fixée. Toujours est-il, qu'après des
obser'vations plus attentives de différents genres, les im-

ressions premières se confirment et prer;ment plus de con-
chosesdel'intérieur,d~nsle sens des études que l'on poursuit:
viennent ensuite les remarques psychologiq ùes comparées
sur le caractère général et particulier, qui amènent alors
il. rechercher des appuis historiques solides,
je fais erreur; mais, d'après les savants les
Je ne sais si
lus compétents et leur réserve à cet égard, il semble que,
paraît assuré de l'époq ue
ments dits celtiques, h10ins on
où a commencé, en Bretagne comme ailleurs, cet état de
mais on est bien prés de savoir quand il a pris
civilisation;
fin" ROS contrées étant attaquées, dans certaines parties, par
des colonie. commerçantes, venues par mer, originaires
du bassin de la Mediterranée, Etrusques et Pelages (1),
Phéniciens et Carthaginois (2), et enfin la conquête et
l'occupation romaines. ' ,
Il est moins facile d'attribuer une date précise à l'arri-

vée de ces colons étrangers; cependant, on sait qu'il en
en Espagne et dans la Celtique. Sans , que
a été envoyé
soit désignée l'époque précise où le sénat de Carthage'
avait décidé l'envoi de 30,000 colons pour fonder des
comptoirs et des relations commerciales, -il est naturel de
penser que ces derniers n'ont pu venir qu'antérieurement
a la fin des guerres puniques, par conséquent avant la
perte et la ruine des positions phéniciennes, dans la pé­

ninsule ibérique.. Leurs traces sont nombreuses en Es-
pagne, elles le sont moins en remontant l'Océan, mais en-
core paraissent-elles indiquées (3). ,

(1) On'gines 'de l'histoire romaine (Michelet).
(2) Origims de l' histoire romaine', (Mkhelet),

(3) Expédition d'!IimiIcon SUl' les côtes occidentales
de l'Europe,
500 ans avant notre ere.

En ne s'occupant que .des colons carthaginois venus par
.la voie de mer à une époque antérieure à notre ère, ils ont
dû se trouver en contact avec des peuples celtiques. Leur
intrusion n'ayant point eu un caractére de conquête militaire,
ils n'ont dû prendre que les positions que l'on a bien voulu
leur laisser, ou, appuyés par leurs vaisseaux, ils n'ont pris

pied, comme partout, que sur les rivages de la mer propres
aù commerce. A ce point de vue, les résistances ne pou-
vaient pas être très,;,grandes à, 'des groupes de colons qui
instruments d'urie civilisation plus
venaient apporter les

avancée, en échange des produits indigènes. On sait cam-

bien le trafiquant est souple, lors de son apparition en pays
étranger.
Acceptés ou imposés, ils s'y seraient accommodés et déve­
loppés par l'industrie, la richesse et la ruse. La chùte de
leur patrie d'origine a pu être une des causes qui ne leur a
pas permis de s'étendre au-delà, du cap" limité par la rivièr,e
d'Audierne, l'Odet et la mer. Le Cap-CavaI a pu être la po-

sition primitive de leur établissement maritime, à, cause
du havre naturel, le port de Kérity, qui, aujourd'hui désa­
grégé" était 'défendu, à, cette époque reculée, par une longue ,
bande de rochers contre les vents d'ouest. Ils y ont laissé des
attestent que cette région fut la mieux cultivée,jus-
traces qui
qu'au IVe siècle, en Bretagne (1.); ils ont même dù se déve-
lopperll~ peu vers l'intérieur, en apportant avec eux leurs
connai~sances agricoles, acceptées par le vainqueur
Leur influence a pu durer plusieurs siècles" jus­
même.
qu'à la conquête romaine. Il est vraisemblable que les
à leur arrivée au cap CavaI, en se retrouvant
Romains,
, en présence d'un fragment d'une race qui n'avait cessé

• (f) L'ouvrage d'un magistrat carthaginois, du nom de Magon, en
23 livres, sur l'agriculture, aurait été connu en tout ou en partie, par
Va~ju~, Pline et. d'autres auteurs ancien~ qui en. font le plus grand élo~e.
Il etait conse~ve, longtemps encore apres la chute de Carthage; dans l'm-
térieur de l'Afrique, chez les Berbères '

d'être leur ennemie acharnée, pendant plus d'un siècle, se .
soient livrés à la destruction de l~ur principale .cité ou
station maritime, CO~1me ils l'ont fait en Espagne. .
M. Le Men, dans son mémoire sur les fouilles· de Tronoën,
indépendamment d'un gl'and pos~e romain, a pu ' constater
le voisinage d'occupants stationnaires antérieurs, par des
objets tl'ouvés et ayant appartenu à chacun des deux occu­
pants; un four a été découvert avec une fournée entiére de
statuettes en terre blanche, de petite dimension, intention­
nellelYJent toutes brisées, dit M. Le Men, c( ces sortes d'ex­
«( voto, comme dit encore M. Le Men,. représentant des
« déesses mères» ne semblent-elles pas appartenir aux

cultes des Phé iciens, plutôt qu'à tout alitre,(l), des Vénus
Anadyomênes (2), de méme dimension, de même provenance,
traitées par les mèmes procédés et avec le même art que
les statues ou gurine 3 provenant" des découvertes faites
en Phénicie ou à Chypre; s'il en était ainsi, ce serait bien
là une fabrication destinée à l'usage d'un peuple ayant
un établissement fixe, qui n>était point Celte et point davan-
tage postérieur à l'occupation romaine.
Le type des paysans de cette région est particulièl'ement
leur position sur ce cap pourrait les avoir
caractéristique,
pl'Otégés longtemps contre des mélanges avec les habitants

de l'intérieur, aussi semblent-ils avoir conservé un carac-

tère d'ensemble original et dominant. .:,,;

Ce n'est cependant qu'avec la plus grande résérve que
l'on. peu.t s~aventurer dans une question ayarit une
portee hIstorIque, sur une époque ou les documents sont
rares ou font défaut; de notre temps surtout, ou l'his-

t01re se reconstitue, se compléte sur des faits ou d'aprés
des documents qui en ont toute la valeur. Cependant il

(f) DécEses mères, oil ~èl'es des Mondes Isis ' C bèle
pl'lllCJpe .
femelle, lambeaux arrachés aux cultes égyptie~s (M{chcl~t). '
(2) Astal'oth. Michelet.

n'est pas interdit, je pense, de chercher à porter quelque
lu'mière sur ces époques reculées, par des procédés qui sont
à notredisposition,ou simplement d'ap.peler dessus l'attention
des gens compétents. Comme moyens d'investigation,il nous
reste des types encore assez bien conservés et groupés;
c'est donc sur des formes observées, comparées et quel­
ques appuis provenant des découvertes modernes de l'ar- .
chéologie, autant,que par les recherches historiques plus

notre temps, que l'on peut tenter d'assigner
étendues de

une origine ou une influence étrangère aux habitants de
cette région.

Le costume breton, que notre savant confrère et regretté
ami M. Le Men, considérait comme ne devant pas remon-
ter à , une date très.,.reculée, quoique l'on en ait dit dans un
autre temps, permet. de reconnaître que, tel qu'il est
arrivé jusqu'à nous, il est difficile de le fai re remonter,
d'une manière générale, dans ce qui constitue son ensem­
ble, au-delà de trois siècles, et encore pas sans modifica-

tians. Il est bien évident qu'il a dû, comme toute chose de

cet ordre, avoir été soumis au régime des modes" subir des
transformations, aux époques de grands mouvements, de
part qu'ils soient venus, ou quelles qu'aient été '
q" uelque

les relations de la Bretagne avec l'intérieur. M. Le M~n
avait trouvé des appuis d'une autorité certaine dans la for­
mation des noms de chaque partie du vêtement, noms em­
pruntés à la langue française de différentes époques,
et approp'riés ,à la langue bretonne. Ce point paraît établi,
• nuances, et les influences variées des
moins quelques

modes des diverses époques paraissent n'avoir pas effacé
le.s traces anciennes reconnaissables, sensibles, dans divers

groupes si distinets les uns des autres, encore aujourd'hui.
Frappé, à un premier voyage, par les choses de l'exté­
rieur, comme le costlJ,me des gens de Pont-l'Abbé; je vou­

drais expliquer comment, en poursuivant mes études, j'ai

eu l'occasion de remarquer combien le type hU,main était dif­
autres groupes ou pagi,
féren t dans cette région, de celui des
our employer une désignation ancienne qui se rapporte
tirée par des apparences de caractere orIental. J aVr:l.IS, a
un camarade de voyage qui cqnnaissait l'O-
cette époque,
rient; il eut les mêmes impressions que moi; ayant eu
l'occasion de le connaître par la suite, j'ai été confirmé
l'opinion qu'il pouvait bien y avoir là. des traces d'o­
dans
rigine étrangère. Cela me conduisit à., observer: les mœurs,
les tendances et les goûts, la forme du visage, la construc­
tion de la tête, la charpente en général. ' Tous de peau
bleuâtre unie, gra.nde bouche, lèvres épaisse's, sensuelles,
point l'œil bleu des Celtes, mais noir ou de ton neutre,
cheveux noirs de corbeau,quelques-uns, d'un roux douteux.
J'appris enfin que des mœurs faciles correspondaient à. 1'0-
rigine que je leur supposais (1).
Js reviens au costume, tel qu'il nous reste, ou mieux,
ét3it encore il y a trente ans (2). Il est bien évi­
comme il
qu'à. considèrer le costume breton dans son en sem,...
dent
ble, il a un caractère particulier bien déterminé; que par
exemple, la coiffe des femmes soit plus ou moins grande,
allongée ou carrée, c'est toujours le mêm~ morceau d'é­
toffe originel, orné, plissé d'une manière ou d'une autre
sur la tête. Il en est de même pour toutes les aut'res par-
ties du costume, façonnées de manières variées, sous les in­
fluences des ~odes, tant pour les , hommes que pour les
qui distingue particulièrenulUt à mes yeux
femmes. Mais ce
le costume de ~ont-l'Abbé, c'est son ornementation, cer-

faines formes particulières, le choix et la distribution des
aussi bien que le dessin des broderies (3).
couleurs,

.~f) Semi,tes, peuple dur, triste,sensuel, cupide, aventureux, sans hé-
rOlsme. (MIchelet, Histoir;e romaine). '
(2) L~s m?~ific~tjons ~'nt été très-grandes depuis.
(3) DIspOSItion Identique à ce qu'était l'ill't en Phénièie. "

Je n'entterai pas dans les détails de l'échafaudage· par­
ticulier de la coiffure des femmes, malgré l'étrangeté de
l'appropriation qu'elles en ont faite, 'bien que je pusse, dans
ces détails, trouver des appuis à ma thèse, mais il est une
disposition propre qui semble particulière à l'influence

d'origine que je leur attribue: c'es.t la distribution des
couleurs, le choix, l'assemblage du dessin des broderies,

c'est-à-dire une harmonie particulière aux orientaux, dans
l'agencement des couleurs, qui jamais ne se' heurtent de

façon inharmonique, ce qui est le privilège instinctif des

peuples dont l'iris de l'œil est noir ou neutre, concurremment
avec la' qualité du pigment répandu dans cet organe, qui
chambre noire, et y condense les rayons. lumineux co­
forme
lorants. On voit justement le contraire se produire pour les
individus dont l'œil est bleu ou clair, chez lesquels la diffu-
sion de la lumiére ne permet point de percevoir les colora­
tions d'une manière aussi précise.
Le caractére du dessin des broderies de leur vêtement,
qui semble avoir été conservé ou importé du lieu d'origine,
est indentique avec l'art d'ornement égyptien et phénicien .
Il n'est pas jusqu'aux lettres brodées au bas du chuppen ou
veste des hommes, qui ne semblent être le souvenir d'tine

écriture dont le sens est perdu, mais que la force de' l'usage
a conservée, par des lettres assemblées, inintelligibles,
incohérentes, où l'on remarque que les consonnes dominent.
Cela semblerait indiquer que cette écriture ,est de prove­
nance orientale, comme, d'ailleurs, certains petits crochets

en forme de cr~issant (1), dans les différentes parties du
costume. A la veste des femmes, ce qui.a gagné jusqu'à
celles de Quimper, mais pas au-delà, ce petit bout d'étoffe

ou de broderie de fil est aussi érigé, (2) dl'oit sur leur

(1) Une des formes du culte de la Lune, Astarté. '
(2) Autre forme de culte, Principe de génératioll.

petite coiffe; le même ornement existait au bas: et en
haut de la guêtre des hommes; dans l'ancien costume; enfin
la forme du sabot, l'ornement des chaussons, les plus
menuS détails dans l'assemblage des couleurs sont carac-
téristiq ues. .
Je dois ajouter que la plupart des obseryations signalées

ci-dessus ont été faites, il y a une trentaine d'années,
et que depuis lors, à une des dernières foires d'avril, à
Quimper, et l'an dernier à Pont-l'Abbé, même, j'ai constaté
la disparition d'une très-grande part.ie ~es détails observés
dopt j'ai entre les mains des preuves,
précédemment, mais
dans d'anciens costumes achetés anciennement.

G. "FISCHER •
. Professeur de dessin,
à bord du vaisseau école, ù Brest .